Une accoutumance aux héroïnes sous vibrato


La littérature classique offre de nombreux tableaux de femmes aux physiques et aux caractères passionnés. Jean-Pierre Althaus en a fait une mise en scène, qu’il présentait pour la toute première fois au Livre sur les quais à Morges.
Une demie-heure avant l’ouverture des portes, ils sont déjà une vingtaine à patienter pour voir la nouvelle création de Jean-Pierre Althaus, le presque célèbre ancien directeur de l’Octogone de Pully «Anna, Nana, Nanana». «Du haut de mes 25 ans, je dois faire chuter la moyenne d’âge de moitié …», je pense, mi-amusée, mi-désolée.
Quelques minutes avant le début du spectacle, le comédien, Jean-Pierre Althaus lui-même, s’installe sur scène. Un décor simple: un tableau, une petite tour de livres posés sur une table en bois, un encrier et une plume d’oie. Et côté jardin, un fauteuil en cuire noir, style IKEA, qui jure un peu avec le style vieille époque du reste. Il regarde le public, feuillette quelques pages de ses bouquins et réajuste son jabot du XVIIIe siècle.
Ses premiers mots nous mettent dans la confidence: il est un jeune homme accroc à ses héroïnes. D’abord à Blanche Neige, pour qui il aimerait être le nain «Atchoum» bourré d’histaminiques à cause de son allergie au pollen. Et puis à la Petite Sirène, à Cendrillon et bien d’autres. Plus tard, alors que les jeunes de son âge collectionnent les vignettes Panini, lui préfère sniffer la poussière des bibliothèques.




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