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Quand l’humour helvète éclate en Feu d’artifice

JL K

Par JL K · Publié le 20 août 2017 · 6 min de lecture

Quand l’humour helvète éclate en Feu d’artifice
© Bon pour la tête / Matthias Rihs

Avec les «Histoires à voix haute» d’Ernst Burren parues sous le titre de Feu d’artifice, le plus détonnant cocktail de comique suisse d’essence populaire, après Emil et Zouc, «Le Laitier» de Peter Bichsel et les «Nains de jardin» de Jacques-Etienne Bovard, crépite de malice drolatique au fil d’une fresque villageoise savoureusement détaillée.

Sommaire

L’humour helvète existe: le monde entier l’a rencontré en mars 2016 lorsque, à l’occasion de la Journée des malades, le président de la Confédération suisse Johann Schneider-Ammann, sérieux comme un pasteur à l’enterrement de sa vie de garçon, a prononcé une allocution consacrée au rire et à ses vertus thérapeutiques. Sans le vouloir, notre brave ministre fit se gondoler la Toile tout en relançant, à son insu de plein gré, une forme de doux ahurissement et de terrienne gaucherie qui constituent, entre autres et dans une veine très particulière, ce qu’on peut dire l’humour helvétique.

Or celui-ci se retrouve à chaque page du «Feu d’artifice» de l’instituteur soleurois retraité Ernst Burren, rassemblant un peu plus de vingt «Histoires à voix haute» où les multiples voix d’un village, en pur dialecte tribal, racontent la vie du lieu en constante relation avec la vie du monde. Irrésistible!

Cela commence par l’inénarrable histoire de la mémé en fin de vie dont le petit-fils, à qui l’on a dit que les morts de récente date pouvaient transmettre des nouvelles aux plus anciens déjà casés au ciel, se demande s’il est indiqué de lui faire raconter au pépé les dernières péripéties de la vie de la famille, à savoir l’arnaque financière que le père a  évité de justesse après qu’on lui a annoncé le gain d’une énorme somme, ou comment la mère s’est résolue à en finir avec le chien Sami sans le brusquer.

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