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Tosca sous la botte fasciste

Publié le 26 juillet 2017 · 3 min de lecture

Tosca sous la botte fasciste
Le baron Scarpia ( Roberto Frontali). - © ANSA

Où voir et écouter Tosca mieux qu’à Rome? Dans la ville même où Puccini a situé l’action de son opéra? Qui plus est, dans l’un des plus magnifiques cadres antiques qui soit? Les thermes de Caracalla où, durant l’été, l’opéra de Rome prend ses quartiers. Cette reprise de Tosca est aussi l’occasion d’un hommage à l’un très grands metteurs en scène de notre temps, Pier Luigi Pizzi.

Agé aujourd’hui de 87 ans, Pier Luigi Pizzi célèbre cette année ses quarante ans de mise en scène lyrique. Il a notamment travaillé à l’Opéra de Vienne, au Palais Garnier ou encore à Covent Garden et bien sûr à La Scala et à La Fenice. Pour marquer cet anniversaire, l’Opéra de Rome a eu l’excellente idée de reprendre cet été, dans les thermes de Caracalla, la dernière version de Tosca du metteur en scène, telle qu’il l’avait créée il y a quatre ans. Car s’il est une vision forte, puissante de cette œuvre-phare, l’une des plus belle du répertoire lyrique, c’est bien celle-là. Pizzi nous transporte en effet, non pas au moment de la victoire de Bonaparte à Marengo, l’époque à laquelle se déroule l’intrigue, mais sous le régime fasciste, dans les années 1930.
Pourquoi ce déplacement dans le temps? Afin de montrer, explique Pizzi dans un entretien avec Aldo Piro, les «fortes tensions politiques et l’arrogance du pouvoir», qui caractérisent ce moment historique. Ainsi le préfet de police Scarpia se mue-t-il ici en dignitaire mussolinien et ses sbires, en chemises noires. L’effet est d’autant plus saisissant que l’on est à Rome, là où parada naguère le régime fasciste. Or ce parti pris de Pizzi fonctionne parfaitement, est d’une totale intelligence. Sa force est notamment de mettre en lumière un peu plus l’extraordinaire violence qui traverse la musique de Tosca. L’engrenage dans lequel sont pris ses protagonistes.

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