Cela fait déjà un quart de siècle que la cybersécurité est devenue un sujet de discussions internationales, l’objet de recommandations techniques, organisationnelles et juridiques ainsi qu’un marché. Toutefois, des défauts de sécurité, des erreurs, des dysfonctionnements et des vulnérabilités impactent les infrastructures informatiques et continuent de nuire aux individus et aux organisations publiques et privées qui en dépendent. La cybersécurité fait partie de la stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026. Eclairage.

Sommaire

Fin septembre, la Confédération communiquait la Stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026 ainsi que de son désir d’élaborer d’ici juin 2027 un projet de loi fédérale sur la cybersécurité. De manière concomitante nous apprenions que des données personnelles et sensibles de la Caisse fédérale de pensions Public (Publica) avaient fuité du fait d’une cyberattaque chez l’un de ses fournisseurs.

Force est de constater que les cyberattaques sont constitutives de la normalité d’une société informatisée dépourvue de mesures de cybersécurité à la hauteur des risques encourus. Ce constat d’insécurité numérique, dont le coût est à la charge des victimes, apparaît dans la nouvelle politique de sécurité ainsi que dans la volonté de doter la Suisse d’un instrument juridique qui « se basera sur le Cyber Resilience Act (CRA) européen » qui a été adopté en octobre 2024.

Vision politique et relative inertie

Le temps nécessaire de passer d’une vision politique à des mesures concrètes (mesures effectives de sécurité, procédés de contrôle, de vérification de la conformité, de dénonciation et de poursuite des cas problématiques) laisse toujours ouvert un vaste horizon de nuisances possibles. Alors que les problèmes de cybersécurité comme ceux liés à un manque de cybersouveraineté sont bien identifiés et documentés depuis longtemps, le train de la numérisation continue à grande vitesse avec semble-t-il comme lignes directrices de ne rien voir de ses effets négatifs et par conséquence, de ne rien faire pour les atténuer et pour en maîtriser les risques. Pour éventuellement envisager de faire lorsqu’il est souvent trop tard.

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