«Le rire n’a jamais été totalement libre»


Le rire occupe une place paradoxale dans les sociétés humaines. Il est à la fois profondément ancré dans notre nature et régulièrement surveillé et cadré. Voilà la retranscription d’un extrait de l’entretien que Rémy Watremez a accordé à «Antithèse». S’appuyant notamment sur les analyses d’Henri Bergson, abordant les polémiques autour de Blanche Gardin ou Dieudonné, il explore ce que le rire révèle de notre humanité, et aussi les tensions qu’il suscite aujourd’hui dans l’espace public.
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Retranscription et adaptation par Bon pour la tête
Dans un ouvrage remarquable publié au début du XXᵉ siècle et intitulé Le Rire, le philosophe Henri Bergson propose une analyse approfondie du phénomène du rire. Il commence par en examiner l’aspect physiologique: qu’est-ce que le rire, concrètement? Il explique qu’il s’agit d’une réaction corporelle, d’une série de sons qui s’échappent de nous en réponse à un événement ou à un stimulus.
Mais Bergson pousse la réflexion plus loin. Si le rire est si profondément ancré chez l’être humain — au point que nous semblons physiologiquement équipés pour rire — la question se pose de savoir s’il en est de même chez les autres espèces. Peut-on rire avec des animaux? Par exemple avec un poisson rouge, une coccinelle, ou d’autres créatures?



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