L’ankylose mentale du pouvoir


Alors que les guerres se prolongent et changent de visage, la Suisse persiste dans des choix militaires contestés et coûteux: retards de livraison, impasses technologiques, dépendance aux fournisseurs américains, etc. Au Département fédéral de la défense, l’heure ne semble pas à la remise en question. Plutôt l’inverse. Quant à son chef, Martin Pfister, sa formation d’historien devrait le rendre particulièrement attentif aux bouleversements actuels. Or, s’il l’est, il le cache bien.
Les guerres se prolongent. Larvées ou déchaînées, en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique. Et les aléatoires négociations de paix ne rassurent guère. La Suisse reste loin des fracas. Mais il n’est pas vain de s’interroger sur l’état de sa défense. Ne serait-ce qu’à travers le souci des contribuables qui paient les jouets de nos stratèges. Parlons-en de ces messieurs.
On se souvient du passage de Viola Amherd et de ses galonnés favoris à la tête du Département fédéral de la défense. C’était simple, cap vers l’OTAN. Acheter à tour de bras des avions et des équipements américains. Et israéliens. Silence sur les affaires de gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres, corruption passive, blanchiment d’argent chez Ruag, l’entreprise publique d’armements. Scandales étouffés depuis leur dénonciation, dès 2019, griefs repris par le contrôle fédéral des finances.
L’arrivée d’un nouveau patron et d’une nouvelle équipe a fait espérer un changement de cap. D’autant plus que les impasses se multipliaient du côté des fournisseurs, que l’on découvrait, en Ukraine, d’autres façons de faire la guerre. Or, ce département reste dans la pataugeoire.




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