Tatiana Crelier

Tatiana Crelier
Auteur et artiste suisse-américaine, diplômée de Paris-Sorbonne, elle explore les liens entre langue, histoire et symbolique. Elle chronique culture et cinéma sur Substack, dans Shrine Magazine.
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Gouverner par le spectacle: qui a besoin d’un Etat profond quand on a l’Amérique?
Entre vidéos virales de la Maison-Blanche, divulgations partielles sur les OVNIs et sortie imminente du nouveau film de Steven Spielberg «Disclosure Day», l'Amérique brouille les frontières entre politique, divertissement et imaginaire collectif. Sans qu'il soit nécessaire d'invoquer un complot, un même écosystème nourrit désormais défiance, fascination et récits alternatifs.

Enquête au cœur de la fabrique du sionisme aux Etats-Unis
Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes Juifs américains embarquent pour Israël, tous frais payés. Dix jours, un itinéraire minutieusement orchestré, des soldats de Tsahal en guise de compagnons de voyage. Et, au retour, une identité clé en main. Birthright Israel, fondé en 1999 sur fond de panique démographique et financé à coups de centaines de millions de dollars par une poignée de mécènes aux convictions très politiques, est devenu le principal outil de fabrication du sentiment pro-israélien dans la diaspora américaine. Une machine à produire de l'appartenance que les Juifs européens, eux, ignorent presque totalement.

Le génocide culturel des Ashkénazes
En Israël, la culture yiddish a été effacée au profit d’une langue «morte», l’hébreu, imposée comme langue nationale. Une purification linguistique destinée à remodeler la culture et la mémoire de tout un peuple: langue humiliée, noms effacés, mémoire étranglée. La coercition linguistique n’est presque jamais «juste une affaire de langue»: c’est un réflexe nationaliste, un enjeu politique et idéologique.