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Les gravures de la collection Jean Bonna

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 3 janvier 2025 · 1 min de lecture

Les gravures de la collection Jean Bonna

«L'Empreinte de la séduction. Estampes du XVe au XXIe siècle», Nathalie Strasser, Editions Macula, 260 pages.

La collection de ce banquier genevois, une centaine d’estampes commentées, n’est que pur bonheur, et la qualité de l’impression du livre, due à l’imprimerie Genoud du Mont-sur-Lausanne, est absolument remarquable. Dans ce livre, on voit Adam et Eve dans toutes les positions, et même leurs parties honteuses, des Vénus callipyges, beaucoup de nus héroïques, mythologiques, bibliques, licencieux, de petites dames dévêtues de Watteau ou Boucher, des chevaux déments de Baldung ici, les cochons hallucinants de Dürer là… Les estampes sont accompagnées d’un commentaire serré et brillantissime qui nous rend attentif au moindre trait et nous invite à nous perdre dans l’infini des arrières mondes triviaux ou divins. Et les recueils de fables de Grandville, des animaux parlant! Commençant par le Combat d’hommes nus d’Antonio Pollaiuolo, passant par La Mélancolie d’Albrecht Dürer et se clôturant avec une xylographie, Dominique, du bernois Franz Gertsch, allant des maîtres anciens tels Andrea Mantegna ou Hans Baldung Grien jusqu’au si modernes Rembrandt qui creuse plus ou moins ses plaques pour arriver à avoir des noirs profonds et garder des valeurs claires, qui les mord à l’acide et revient par-dessus à la pointe sèche, il y a là une forme d’intensité sidérante. Farceur, il dissimule parfois les seins mais révèle la vulve. On passe d’une extrême à l’autre, de Francisco de Goya à Odilon Redon, du nurembergeois Albrecht Dürer, tout traits et hachures, au lausannois Félix Vallotton, virtuose des aplats.

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