Jordan superstar

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 7 juin 2024 · 2 min de lecture

Jordan superstar

«France: la jeunesse n’emmerde plus le RN», Julie Benzoni, sur arte.tv jusqu’au 18 mai 2027, 37 minutes.

Cassandra, Juliette, Adrien et Tom ont entre 17 et 28 ans, originaires de la Loire, ils sont agriculteur, mère célibataire, lycéenne, intérimaire. Le 9 juin prochain aura lieu la dernière élection nationale en France avant la présidentielle de 2027, la répétition générale. Pour trois d’entre eux en âge de voter, le choix est évident: ce sera «Jordan». Le patron du Rassemblement National est devenu en quelques mois une star des réseaux sociaux, statistiques TikTok à l’appui, et son parti le premier chez les jeunes. «Ce n’est pas seulement parce qu’il est beau», assurent les jeunes militantes, tandis que les garçons pestent pour rire contre cette concurrence déloyale. Sommes-nous bien sur le terrain politique? Ces jeunes pourtant ne sont pas des groupies. Face caméra ou auprès de leurs amis plus sceptiques, ils déroulent leurs arguments. Sous le drapeau tricolore placardé dans sa chambre d’ado, la jeune Cassandra témoigne avoir été agressée parce qu’elle arborait une croix autour du cou, et traitée de «sale française». «S’il n’y a pas d’autorité, il n’y a pas de civilisation», appuie-t-elle. La jeunesse aurait à ce point changé qu’elle réclame l’autorité de ses vœux? Il s’agit surtout de reconnaissance, de patriotisme qu’on ne rend pas honteux, de la ruralité qu’on écoute et ne méprise pas. Le discours n’est pas raciste ni xénophobe. Ils collent des affiches, distribuent des tracts fièrement, ils déplorent l’insécurité et les violences, craignent l’arrivée de migrants dans les campagnes; ils constatent que le travail ne paie pas, que les inégalités se creusent, et ne voient pas pourquoi on ne donnerait pas priorité aux Français dans l’attribution des aides. Si Jordan Bardella leur parle, et même davantage que Marine Le Pen, c’est sûrement parce qu’auparavant, personne ne répondait à ces jeunes gens à l’accent stéphanois prononcé, les pieds sur terre mais oubliés loin, très loin de la capitale. 

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