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Le grand redéploiement chinois

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 20 octobre 2023 · 4 min de lecture

Le grand redéploiement chinois
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Répondant à une invitation chinoise, j’ai participé pendant une huitaine de jours à diverses rencontres organisées à l’occasion du 3ème Sommet des Routes de la Soie qui s’est tenu à Pékin mercredi. Par son ampleur, ce forum a été le plus grand événement international depuis la tenue des Jeux Olympiques d’hiver en février 2022.

Plus de 130 pays, des dizaines de chefs d’Etat, de Premiers ministres et de ministres de tous horizons et de toutes obédiences y étaient visibles, à l’exclusion notable des Occidentaux et du G7, qui n’étaient représentés que par le voisin japonais et quelques dirigeants des Balkans.

Faute de recul, je me permets de vous livrer quelques impressions à chaud. Sur le plan interne, d’abord, j’ai eu le sentiment que la Chine avait fait un bond en avant en matière de numérisation de la société, bien au-delà de ce qui se fait chez nous. Impossible de survivre sans l’application WeChat, qui règle à peu près tous les problèmes de la vie courante. Anecdote en passant: les cartes de visite, naguère indispensables à tout échange, ont disparu au profit de QR codes personnalisés. Toutes les applications courantes en Occident, Google, WhatsApp, YouTube, Facebook, Telegram, X et autres LinkedIn ont été bannies au profit de solutions chinoises. Par réaction contre le boycott de Huawei et les accusations d’espionnage ou par volonté de censurer les influences étrangères? A chacun de juger.

Nul doute aussi que l’économie chinoise est en plein redéploiement. Une visite en train à grande vitesse (350km/h quand même) au port ferroviaire de Xian, départ des nouvelles routes de la soie vers l’Europe et l’Océan indien, suffit à démontrer la détermination de Pékin à trouver de nouveaux débouchés commerciaux avec le Sud global, le Moyen-Orient et la Russie. Tout en révélant, à voir les chantiers et les dizaines de tours à l’abandon, l’ampleur de la crise immobilière et du surinvestissement dans le bâtiment. Spectaculaire mais moins dévastateur que la crise américaine des subprimes en 2008.

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