Un livre fantastique et envoutant, à découvrir ou redécouvrir

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 28 juillet 2023 · 1 min de lecture

Un livre fantastique et envoutant, à découvrir ou redécouvrir

«La marche du Loup», Olivier Sillig, Editions Florides Helvètes, 183 pages.

C’est en août 1996 qu’Olivier Sillig achève le manuscrit de La marche du Loup, relate Isaac Pante dans la préface de cette réédition chez Florides Helvètes. Il faudra attendre 2004 pour que ce fantastique récit soit publié par les Editions Encre Fraîche, et le voilà aujourd’hui à nouveau dans l’actualité, c’est un bienfait. Les personnages principaux de cette histoire se déroulant peu après l’an mille sont: Wolfgang, un garçon roux et muet, portant une tache de naissance en forme de bouc et que sa sœur jumelle maltraite durant leur enfance jusqu’à ce qu’il se rebiffe; Maria, un duc hermaphrodite ayant échappé à la castration ou à la mort à sa naissance et faisant preuve d’une cruauté sans défaut; Clara, une jeune femme aux doigts palmés; Conrad, veneur dépendu de justesse du gibet et devenu bossu. On pourrait gloser sur le style rapide et parfois saccadé d’Olivier Sillig, contentons-nous de redonner la parole à Isaac Pante: «la narration compte peu de plans fixes et quasiment aucune introspection. Le récit se vit à hauteur d’homme, mais hors des têtes…» Ce qui est formidable avec La marche du Loup, c’est qu’il s’agit d’un récit de relations au sein d’un réseau du vivant. De relations entre les gens, entre les gens et les bêtes, entre les actes et les vies et, par définition, entre le lecteur et le texte. Il y a là beaucoup d’intelligence, c’est envoûtant.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard