Un roman policier qui se lit sans faim

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 14 juillet 2023 · 2 min de lecture

Un roman policier qui se lit sans faim

«La cité en flammes», Don Winslow, Editions Harper Collins, 380 pages.

Ce roman policier de Don Winslow est comme une bonne pizza: c’est bon, ça se mange sans faim et une fois qu’on a commencé, c’est difficile d’arrêter, mais c’est sans surprise. L’intrigue se déroule en 1986, dans l’Etat américain du Rhode Island, dans une ville appelée Dogtown. Danny Ryan est irlandais et il travaille pour un clan régnant sur les docks et une partie de la ville. Trafics en tous genre – mais pas de drogue – racket, braquages… C’est sa routine, il s’y adonne sans passion, rêvant de faire autre chose de sa vie, comme de nombreux employés d’entreprises légales. A Dogtown, les mafieux italiens et le gang des Irlandais se partagent le territoire et s’entendent bien. Et puis arrive une femme, très désirable, qui va provoquer une guerre des gangs. Les amis d’hier deviennent ennemis et le FBI s’en mêle. C’est essentiellement autour des états d’âme de Danny Ryan qu’est construit le récit. Cette guerre des gangs ne lui plait pas, il a des amis dans les deux camps, ne veut trahir personne. Il aimerait rester le bon gars de l’histoire mais c’est très compliqué. Le cocktail de violences et de psychologie est bien dosé, les événements se succèdent, tiennent le lecteur en haleine. C’est tout à fait distrayant, ça permet d’oublier les soucis quotidiens, ce que Danny aimerait lui aussi bien faire, sans y parvenir. On pourrait lui conseiller de lire un bon roman policier, mais comme il en vit un au quotidien, ce n’est pas certain que ça fasse l’affaire. Trêve de plaisanterie: voilà un bon roman policier américain, avec une fin bien manichéenne, ce qui gâche la digestion de la pizza. C’est le début d’une trilogie – Dan Winslow aime bien ça – et il y a fort à parier qu’on ne pourra pas s’empêcher de lire la suite, sans faim.

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