Ni gossip ni conversion, juste un Gad drôle et touchant

Loris Salvatore Musumeci

Par Loris Salvatore Musumeci · Publié le 2 décembre 2022 · 2 min de lecture

Ni gossip ni conversion, juste un Gad drôle et touchant

«Reste un peu», Gad Elmaleh, 93min. Actuellement en salles.

Ah oui! Il paraît que Gad Elmaleh n’est plus juif, il serait devenu catholique maintenant… Reste un peu fait jaser. Surtout au niveau gossip. Est-ce que le film va nous dire si Gad a changé de religion, de métier, de copine ou de voiture? Le film peut dire ce qu’il veut, comme l’humoriste garde pour lui ce qu’il veut. Ce n’est pas un documentaire, mais une fiction à traits autobiographiques. Bien sûr que Gad parle de lui, bien sûr qu’il y a du vrai, mais attention à ne pas faire d’une simple comédie un coming out religieux, une propagande pro-catho ou que sais-je encore. Reste un peu raconte le cheminement spirituel, les doutes et les attaches familiales d’un humoriste quinquagénaire sépharade qui est fasciné par la Vierge Marie. Dans le film, après trois ans aux Etats-Unis, Gad revient en France pour préparer secrètement son baptême. Lorsque ses parents découvrent, cachée dans ses affaires, une statue de la Vierge, c’est l’affolement tragicomique. Avec cette comédie, on rit franchement, on s’amuse et on se détend. Même si certaines répliques sont un peu convenues et que la mise en scène passe de plans très beaux à des plans bâclés, on n’en tient pas rigueur car sa prétention n’est ni littéraire ni esthétique. L’important est qu’elle soit comique, et c’est bien le cas. Un comique vraiment touchant aussi, notamment quand je me vois dans ma relation à mes propres parents à travers celle de Gad aux siens. Touchant aussi parce que les personnages y sont simples, spontanés et plus vrais que nature – presque tous les personnages, comme les parents Elmaleh, sont interprétés par eux-mêmes. Touchant enfin pour ce qui est du chemin de foi de Gad: où qu’il aille, quoiqu’il choisisse, il ne perd jamais de vue que c’est la liberté du cœur et l’amour de ses proches qui nous guident vers Dieu.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard