De l’émotion au détour du dédale

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 11 novembre 2022 · 1 min de lecture

De l’émotion au détour du dédale

«Le labyrinthe inachevé», Jeff Lemire, Editions Futuropolis, 256 pages.

Quand est-ce que la bande-dessinée est devenue «roman graphique»? Dans les années soixante, aux Etats-Unis. C’est plus tard que l’expression s’est répandue dans le monde francophone où aujourd’hui elle fait florès. C’est une manière d’upgrader la BD dans l’esprit de celles et ceux qui veulent qu’une distinction soit faite entre les sous-cultures populaires et la culture telle que la voit la bourgeoisie. Bref. Le labyrinthe inachevé est présenté comme «roman graphique» et son auteur, le Canadien Jeff Lemire, comme un des maîtres du genre. La quatrième de couverture nous vend «un chef-d’œuvre à plusieurs niveaux», ce qui ne veut pas dire grand-chose mais fait plaisir à l’éditeur et aux lecteurs. Si l’on n’a pas besoin de toutes ces validations pour l’apprécier, Le labyrinthe inachevé est une bande-dessinée agréable à parcourir et intéressante graphiquement. L’histoire est celle d’un homme dont la fille est morte et qui semble le contacter depuis l’au-delà pour l’inviter à entrer dans un de ces labyrinthes qu’elle aimait résoudre dans les magazines qui en proposent. Le scénario n’est pas follement original mais pour qui est parent d’intenses émotions peuvent surgir à un détour du dédale, des interrogations aussi. Alors, roman graphique ou BD ou ce que vous voulez, cela trouble et c’est très bien.

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