Un cimetière, par une nuit d’hiver

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 12 novembre 2021 · 1 min de lecture

Un cimetière, par une nuit d’hiver

«Le cimetière englouti», Goran Tribuson, Serge Safran Editeur, 208 pages.

On raconte que les hommes vivant au plus près d’un cours d’eau finissent par sombrer dans une folie très spéciale. «Avec une rivière, voyez-vous, il ne faut pas plaisanter.» C’est sans doute le conseil le plus sage qu’ait reçu Ivan Hum, de retour dans sa ville natale, quelque part dans les brumes de l’hiver d’Europe centrale, après un séjour en prison. La raison de cette peine et de son retour sont évidemment au cœur de l’intrigue, mais pas seules. Dans le roman de Goran Tribuson, tous les chemins du village mènent au cimetière. Les tombes sont emportées les unes après les autres par le cours d’eau, la terre est humide, on s’enfonce partout où on pose le pied. Les habitants s’efforcent d’achever la construction d’un énième pont, voué à l’engloutissement, tandis que le gardien du cimetière revend aux familles étrangères des ossements prélevés au hasard dans les débris. Un radiesthésiste, la recherche d’un trésor, un asile psychiatrique complètent ce tableau sans grand-guignol. Les éléments d’une affaire à laquelle il n’avait aucune raison d’être mêlé mènent Ivan à son passé, à sa famille, à une quête de vérité en miroir où il devra se demander s’il n’est pas, lui, le seul fou au village. On dit aussi qu’il ne faut pas raconter d’histoires de fantômes dans les lieux qu’ils pourraient hanter. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard