Gentleman anarchiste

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 22 octobre 2021 · 1 min de lecture

Gentleman anarchiste

«Avec les compliments de Marius Jacob», Alain Amariglio, Editions Les Monédières, préface de Gérard Mordillat, 200 pages.

Il n’y a pas de hasard. Arsène Lupin est célèbre mais son inspirateur reste inconnu. Celui-ci, Marius Jacob, a pourtant commis plus de trois cents cambriolages entre 1900 et 1903, bien plus que Lupin dans toute l’œuvre de Leblanc. Anarchiste, il volait «pour la cause» avant d’être arrêté puis jugé. Alors le cambrioleur s’est fait amuseur, se moquant du tribunal et mettant les rieurs de son côté. Leblanc n’assistait pas au procès mais les comptes-rendus quotidiens de la presse nationale lui ont tapé dans l’œil et il n’y a pas photo. Mars 1905: «Procès des 40 voleurs». Juillet 1905: première aventure du gentleman cambrioleur dans Je sais tout. L’Arsène hérite des traits de Jacob: audace, perfectionnisme, panache… Tous sauf un: Lupin n’est pas anarchiste. Sa revanche sociale est individuelle. Un héros charmant et inoffensif. Nationaliste à l’occasion. A lui la gloire, à Jacob le bagne et l’oubli. Dans son livre attachant, Alain Amariglio le rappelle à nos mémoires, avec son regard vif, son accent de Marseille et son ironie. L’auteur semble penser que nous en avons besoin. Il a raison.

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