Littérature

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Exister à l’ombre de sa sœur

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Exister à l’ombre de sa sœur

Récemment paru chez Campiche, le roman de Sonia Bächler intitulé «Mon Dieu, faites que je gagne» montre à travers un crescendo parfaitement maîtrisé ce que c'est que d'être la sœur d'une sportive d'élite sur laquelle se focalise sans cesse toute l'attention de la famille. Il décrit au passage la machine à broyer les destins que représente la compétition de haut niveau. L’auteure de cette autofiction force volontairement le trait avec le souci néanmoins de restituer le plus fidèlement possible la dérive d’une famille happée par le miroir aux alouettes de la réussite sportive. Entretien.

Sabine Dormond

Comment Pascale Kramer sublime le roman choral des familles

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Comment Pascale Kramer sublime le roman choral des familles

Du sujet rebattu, notamment dans les séries télé, du roman familial et de ses secrets, la romancière, qui y a déjà achoppé plusieurs fois, tire un «poème» saisissant à multiples voix, comme tissé par le temps aux doigts agiles. Ou comment une famille de Suisses moyens et ses quatre générations, entre 1977 et 2016, «fait avec» les choses de la vie, l’amour et la putain de maladie, en suivant l’évolution des mœurs et des mentalités, et comment la tendresse, bordel, suscite finalement (ou pas) l’indulgence.

Jean-Louis Kuffer

Le roman noir en France, incarnations diverses

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Le roman noir en France, incarnations diverses

Roman gothique anglais, roman-feuilleton, roman à énigme, roman prolétarien, fait divers criminel, «hardboiled» américain, roman réaliste, Série noire, néo-polar, les racines du roman policier français sont multiples et chaque génération a les siennes. «Le roman noir: une histoire française» de Natacha Levet retrace, avec une constante acuité critique et une érudition consciencieuse, l’histoire plus que centenaire du roman policier français.

Yves Tenret

Et si l’enfer, c’était soi, tel que l’autre nous perçoit?

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Et si l’enfer, c’était soi, tel que l’autre nous perçoit?

Alors que son polar «Les abricots de la colère» vient d’être réédité par BSN Press deux ans après sa parution, Antonio Albanese publie aux éditions BSN Press /Okama un roman noir intitulé «Le complexe d’Eurydice». Il y transpose le mythe d’Orphée et Eurydice à un couple qui se forme sur un malentendu, une plaisanterie du narrateur prise au sérieux par la femme qu’il convoite et qui devient immédiatement déterminante de la manière dont elle le perçoit. Au point que le héros n’a d’autre choix pour lui plaire que de se conformer de plus en plus à cette projection mentale jusqu’à perdre complètement son identité et ses valeurs propres.

Sabine Dormond

L’amitié dans les milieux lettrés et artistiques aux XIXème et XXème siècles

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L’amitié dans les milieux lettrés et artistiques aux XIXème et XXème siècles

Goethe et Schiller, Nietzsche et Paul Rée, Wagner et Bakounine, Karl Marx et Engels, clair que l’amitié, ce n’est pas rien. Qu’aurait été Sam Shepard sans Johnny Dark? Et Hannah Arendt sans Mary McCarthy? Godard sans Gorin? Ou sans Serge Daney? Van Gogh sans Gauguin? Bien sûr celle-ci peut se décliner en mille et une variantes, de la dépendance à l’épanouissement, de la soumission à la libre égalité fraternelle. Ce sont ces déclinaisons qu’aborde «L’amitié dans tous ses états», ce livre aux horizons divers.

Yves Tenret

Les Pajak père et fils unis par leurs ardentes passions communes

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Les Pajak père et fils unis par leurs ardentes passions communes

Une exposition de toute beauté, qui marquera pour beaucoup la découverte de la peinture de Jacques Pajak (1930-1965), présentée sous ses aspects très contrastés et accompagnée d’un choix de dessins à l’encre de Chine non moins représentatif de son fils Frédéric, est à voir absolument (jusqu’au 7 avril) à l’Estrée de Ropraz, splendide galerie sise au milieu des paysages au bord du ciel chers à Gustave Roud et à Jacques Chessex.

Jean-Louis Kuffer

Et si la poésie n’avait que fiche des printemps et des présidents?

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Et si la poésie n’avait que fiche des printemps et des présidents?

Le Printemps des poètes! Quelle plus belle enseigne pour illustrer la vitalité de la poésie et la fraternité de celles et ceux qui l’aiment? Or à la veille de sa prochaine édition (du 9 au 25 mars 2024), une polémique absurde, mais révélatrice de quel malentendu, agite ces jours le marigot politico-littéraire parisien qui voit en l’écrivain Sylvain Tesson, appelé à présider la manifestation, un personnage idéologiquement suspect, «icône réactionnaire» dont le portrait partial qu’on en fait prouve qu’on n'en a rien lu. Au lieu d’un débat légitime sur les rapports de la poésie avec la société, ou sur l’engagement politique des poètes: une mêlée de basse jactance sectaire relayée par les médias et les réseaux sociaux érigés en nouvelle instance de censure.

Jean-Louis Kuffer

Quand un penseur nous encourage à résister au Dieu méchant

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Quand un penseur nous encourage à résister au Dieu méchant

Si l’Unique continue d’être invoqué pour justifier guerres et crimes contre l’humanité, à l’enseigne des trois monothéismes en conflit depuis plus de vingt siècles, la survie de la civilisation dépendra de notre capacité à analyser les fondements et les conséquences de «La folie de Dieu», titre d’un essai majeur de Peter Sloterdijk, penseur européen ô combien stimulant. Sur un ton plus polémique, le conteur et romancier Pierre Gripari avait (ré)ouvert le feu avec son «Histoire du méchant Dieu» – à relire avec un grain de sel… Dans un livre plus récent, «Faire parler le ciel», le même Sloterdijk distingue l’apport majeur de la «théopoésie» à la civilisation, où la spiritualité incarnée et réjouie prime sur les dogmes abstraits et les vérités exclusives des théologiens de tout poil...

Jean-Louis Kuffer

Les voleurs de romans russes

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Les voleurs de romans russes

«Le Parisien» raconte l’intriguante «opération Pouchkine», une étrange vague de vols de livres précieux, parmi lesquels des éditions originales de Pouchkine, qui ont été signalés dans toute l’Europe depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. Le mobile reste flou: appât du gain ou manœuvre nationaliste?

Marie Céhère

Le cauchemar de la numérisation

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Le cauchemar de la numérisation

Avec son roman «A pied d'œuvre», Franck Courtès s’impose comme un Ian Levison à la française, un Zola du XXIème siècle. Ce récit à la fois très intime et très social est le témoignage d'un photographe qui renonce à son métier par dégoût de la numérisation et de l'exploitation de son travail artistique à des fins commerciales pour se vouer à l'écriture et qui, ce faisant, découvre la précarité inhérente à cette activité. Car si cette passion réclame énormément de temps, elle ne nourrit pas son homme, contrairement à l’idée que s’en fait le grand public. Même quand on a, comme Franck Courtès, l’honneur et le privilège d’être publié chez Gallimard.

Sabine Dormond

Quand Daniel Maggetti remue la soupe aux mots de sa tribu

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Quand Daniel Maggetti remue la soupe aux mots de sa tribu

Poursuivant sa quête identitaire personnelle en phase avec l’histoire des siens, autant ici qu’avec l’Histoire à grande hache, le fils de paysan tessinois devenu prosateur romand de premier rang et gardien du temple de notre littérature, retrace l’itinéraire de son aïeul et de sa mère venus d’Italie voisine en Suisse préservée de la guerre, dans un récit à double valeur documentaire et poético-affective, dont la saveur et la musicalité reposent pour beaucoup sur l’art de faire parler les mots.

Jean-Louis Kuffer