Littérature

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Dans le berceau de la résistance politique

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Dans le berceau de la résistance politique

Après plusieurs romans, deux recueils de nouvelles dont l’un du registre fantastique et un témoignage poétique sur la dépression, l’écrivaine neuchâteloise d’origine espagnole Dunia Miralles s’attèle avec «Caravelles du Seyon» à un sujet historique qui la touche de très près: l’immigration espagnole et l’intégration en terres neuchâteloises de ces familles qui, comme la sienne, ont fui le franquisme dès les années soixante. Un récit poignant qui résonne avec l’actualité et où se mêlent sans cesse les événements de l’histoire et les anecdotes d’une enfance marquée par la xénophobie d’une enseignante et de certains camarades.

Sabine Dormond

Si vous rêvez de Tombouctou, c’est en vous que gît le trésor

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Si vous rêvez de Tombouctou, c’est en vous que gît le trésor

Ravivant la fraîcheur de nos lectures de jeunesse, avec le supplément d’âme de la maturité, le nouveau roman «africain» de René Zahnd, «Le Trésor des Mandingues», nous entraîne dans un périple à double valeur d’hymne à l’amitié, ponctué de belles rencontres humaines, et d’exploration sur le terrain et par l’écrit d’une Afrique méconnue dont le parcours relève de la quête initiatique, sous le patronage occulte de Blaise Cendrars.

Jean-Louis Kuffer

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Le beau roman qui ressaisit un accompagnement vital

Un voisinage banal que la maladie transforme en relation aussi profonde que superficielle en apparence: c’est la trame du nouveau livre de Catherine Lovey, intitulé «histoire de l'homme qui ne voulait pas mourir» et gratifié du Prix Dentan 2024. Un roman-miroir qui nous renvoie à chaque page à nos vies et aux liens se tissant avec notre trop souvent lointain prochain.

Jean-Louis Kuffer

L’éloge du rire

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L’éloge du rire

Intéressante interview de Oskar Freysinger, ex-star de l’UDC, devenu écrivain, par Raphaël Pomey dans lepeuple.ch à l’occasion de la sortie de son livre «Animalia», provocant comme il se doit. Et d’un autre ouvrage, «L’Oreille aveugle», aux éditions Selena Plus.

Bon pour la tête

Roland Jaccard s’est achevé, pour mieux survivre en écrivain

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Roland Jaccard s’est achevé, pour mieux survivre en écrivain

«La Cinquième saison», revue littéraire romande au titre chinoisant aussi «improbable» que le fut le (presque) mauvais sujet, réunit les témoignages, à (presque) charge et (presque) décharge, de vingt-cinq plus ou moins proches et amis, pour un portrait éclaté du «gentil garçon» se la jouant «bad boy», presque infréquentable – diront les wokistes – mais survivant par ses écrits.

Jean-Louis Kuffer

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La nécessité de témoigner par «Anima»

Souffle de poésie, d’horreur et de vérité romanesque ayant donné vie à un ouvrage qui aura mis plus de dix ans à la recevoir, cette vie: «Anima» (2012). Dernier roman en date du dramaturge Wajdi Mouawad paru il y a près de douze ans, «Anima» reste plus que jamais d’actualité. Dans ses pièces ou ses romans, il demeure toujours une expérience unique trépidante à vivre. C’est bien le cas ici, près de cinq-cents pages durant. Regard.

Loris Salvatore Musumeci

Shmuel T. Meyer, contre la haine, célèbre la ressemblance humaine

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Shmuel T. Meyer, contre la haine, célèbre la ressemblance humaine

Avec les douze nouvelles de «Tribus», souvent déchirantes, mais combien éclairantes et gages d’espoir «malgré tout», l’écrivain franco-israélien en dit plus que maints experts et autres analystes, sondant les sources de la haine qui divise aujourd’hui la société israélienne, où l’idéal sioniste s’est transformé en «messionisme» vengeur avec une violence inouïe.

Jean-Louis Kuffer

L’art de soulever des questions éthiques, l’air de rien

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L’art de soulever des questions éthiques, l’air de rien

Chose peu commune, semble-t-il, l’auteur bernois Pedro Lenz écrit en Berndütsch «pour montrer que le dialecte appartient aussi à des gens ouverts sur le monde». C’est en binôme que Daniel Rothenbühler et Nathalie Kehrli se sont employés à restituer en français l’oralité d’un propos qui suit le cours de la pensée du narrateur, avec ses ruptures et ses digressions. Leur travail commun sur les textes de cet auteur a donné lieu d’abord à «Faut quitter Schummertal!», traduction de Der Goalie bin ig qui a obtenu le prix Schiller en 2011, puis à la version française de Primitivo, parue elle aussi aux éditions d’En Bas.

Sabine Dormond

Portrait de l’écrivain en déserteur

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Portrait de l’écrivain en déserteur

Au début de «Le Feu, journal d’une escouade» Henri Barbusse, observant ses compagnons d’armes entassés dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, se demandait qui s’apercevrait encore des détails qui faisaient de ces hommes des individus et non une masse informe destinée à mourir pour la patrie. Le nouveau roman de Velibor Čolić, «Guerre et Pluie», fait partie de ces livres qui s’attaquent à la guerre par le détail. Lecteur, tu n'y trouveras ni grands discours humanistes, ni prêches sur le sacrifice de soi au service d’une grande cause, mais la description précise et impitoyable de ce que la guerre, cette aberration, fait aux corps et aux âmes – et comment elle décide incidemment de la naissance d’un écrivain.

Olivia Resenterra

Quand le trou noir de notre corps donne du sens à l’écriture

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Quand le trou noir de notre corps donne du sens à l’écriture

L’infarctus de l’un, et l’AVC de l’autre, ont suscité deux écrits relevant de la meilleure littérature. Sous la plume du fameux écrivain hongrois Péter Nádas, avec «La mort seul à seul», c’est le récit clinique saisissant d’une crise cardiaque lente à venir et d’autant plus violente par ses effets; et Bastien Hauser, dans son premier roman, «Une singularité», pousse encore plus loin l’observation scientifico-fantasmagorique d’un accident cérébral. Deux approches «cosmiques» du corps confronté à ses fins.

Jean-Louis Kuffer

Quand les hirondelles d’Ossorguine résistent au chaos du monde

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Quand les hirondelles d’Ossorguine résistent au chaos du monde

A l’enseigne de La Bibliothèque de Dimitri, salutaire opération de sauvetage du trésor littéraire de L’Age d’Homme, «Une rue à Moscou» de Michel Ossorguine (Mikhaïl dans la présente réédition), représente un fleuron relativement méconnu des fameux Classiques slaves dirigés par Jacques Catteau et Georges Nivat. Comme dans «Vie et destin» de Vassili Grossman, les ténèbres de la tragédie russe s’humanisent sous le regard d’un écrivain impliqué et solidaire, qui oppose son chant du monde au poids de l’Histoire. A (redécouvrir) en ces temps de folie belliqueuse relancée…

Jean-Louis Kuffer