
USA: comme un antique désir d’empire
Le nouveau proche conseiller du président Trump, Elon Musk, fantasme quasi-ouvertement l’Amérique en nouvel Empire romain. Et si les conditions étaient aujourd’hui réunies pour que ses rêves deviennent réalité?

Le nouveau proche conseiller du président Trump, Elon Musk, fantasme quasi-ouvertement l’Amérique en nouvel Empire romain. Et si les conditions étaient aujourd’hui réunies pour que ses rêves deviennent réalité?

Le vol, dans la nuit du 25 janvier, de plusieurs pièces archéologiques roumaines prêtées à un petit musée hollandais, met la Roumanie en émoi. Dans un pays agité par la campagne présidentielle qui s’amorce – les dernières élections ayant été annulées avec l’appui de l’UE – l’affaire prend désormais un tour politique.

«Tout dire sur la médecine vécue au quotidien, où cauchemar est plus fréquent que victoire, il y a un siècle comme ce matin»: c’est le propos de Vikenti Veressaïev dans ses Notes d’un médecin, prisées par le public russe (et Tolstoï et Tchékhov à l’unisson) mais suscitant la fureur de certains de ses confrères. Tantôt accusateur implacable, et tantôt défenseur des inévitables pratiques à risques de la médecine, incessamment déchiré par le doute et les limites de sa propre compétence, horrifié par le charlatanisme et la morgue de certains, tant que par l’omertà du milieu, l’auteur laisse, en écrivain sensible, un témoignage d’une exceptionnelle honnêteté, laquelle rime avec humanité…

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La troisième guerre mondiale en vue? On peut voir dans ce qui se passe ces jours «une tempête dans un verre d’eau», comme disent des généraux de plateau sur une télé française. Ou des menaces de part et d’autre à prendre au sérieux. Les opinions publiques ont plutôt tendance à considérer cela d’un œil distrait par tant d’autres drames, ou comme une série TV compliquée dont on a attend la fin avachi sur le divan. Rappel des faits. Et rappel de l’histoire.

Des historiens veulent mettre à jour les liens entre la place financière suisse et le commerce d'esclaves. L'UBS s'y oppose. Au nom du secret bancaire, ses archives et celles des établissements qu'elle a avalés au fil du temps sont fermées au public. Une affaire qui nous ramène trois siècles en arrière, un passé pas encore digéré pour la Suisse, qui s'est longtemps crue innocente des crimes de l'esclavage.

Son simple nom suscite des réactions épidermiques chez les uns mais ne dira sans doute plus rien aux autres. D'où l'intérêt de ce «Leni Riefenstahl – la lumière et les ombres», documentaire exemplaire signé Andres Veiel, qui récapitule à travers un magnifique travail sur archives le parcours de «la cinéaste d'Hitler». Un film captivant, qui se garde de démoniser cette pionnière tout en pointant ses failles.
Il y a quelques années, j'ai découvert que la dictée n'était pas un exercice scolaire universel. En Serbie, dès qu'un enfant sait écrire, il sait écrire sa langue. Cela semble une évidence. Pour les francophones, la dictée est une autre forme d'évidence. C'est le pire souvenir des écoliers.

Dans son dernier opus, «La désinvolture est une bien belle chose», Philippe Jaenada mène une enquête sur le suicide de Jacqueline Harispe, dite Kaki, jeune femme libre, intelligente, entourée d'amis et amoureuse d'un beau soldat américain, ayant été mannequin chez Dior, et qui, après une soirée arrosée, à l’aube du 28 novembre 1953, à l’âge de 20 ans, s’est jetée par la fenêtre d’un hôtel et s’est écrasée sur un trottoir. Un petit morceau de culotte noire sur la balustrade l’attestant, son amant, l’ancien GI américain, Boris Grgurevich, a tenté de la retenir.

A deux reprises, dans la Genèse, le premier livre de la Bible, Dieu dit aux hommes: «Soyez féconds, remplissez la terre et soumettez-la» (Genèse). Force est de constater que son commandement a été suivi à la lettre et même trop bien suivi, y compris dans la suite: «remplissez la terre... et soumettez-la; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre!»

Le documentaire «La Disparition de Bruno Bréguet» du Tessinois Olmo Cerri tire de l'oubli une figure un peu gênante de notre histoire récente. D'une jeunesse à Locarno aux geôles israéliennes et du terrorisme international dans la nébuleuse Carlos à une mystérieuse disparition en Grèce, la dérive de Bréguet pose la question fondamentale de l'engagement et de ses limites. Entretien.

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Notre petite Suisse, pays souverain au cœur de l’Europe, est entourée de voisins qui, en comparaison, sont des géants. Il y a la France, pays que nous aimons, mais qui est en plein déclin d’influence. Sa dette hallucinante la plombe. Ses industries ont été délocalisées. Sa puissance stratégique, anéantie il y a 84 ans, puis ressuscitée par des rêves et des chimères, n’est plus déterminante. Il y a l’Italie, que nous aimons tant. Et puis, autrement importante dans l’échiquier du continent, il y a l’Allemagne.

A Lausanne, l’exposition «Titanic – De vrais objets, de vraies histoires» invite les visiteurs à embarquer sur le paquebot légendaire, depuis le 27 septembre 2024. On peut y découvrir 200 objets remontés du site de l’épave, accompagnés de reconstitutions d’espaces emblématiques comme le Grand Escalier ou les cabines. Sur les 28 passagers suisses, 15 ont péri. Récemment présentée à Paris et Bruxelles, l’étape helvétique de l’exposition nous permet de plonger dans l’histoire de ces citoyens suisses voyageant plein d’espoirs à bord du RMS Titanic. Elle replace leur aventure dans le contexte d’un pays alors bien différent de celui que l’on connaît aujourd’hui: passé d'un pays dont on émigre à un pays dans lequel on immigre. Mais ne sommes-nous pas à notre tour en train de faire naufrage?