
Chronique

Oscar Forel, un psychanalyste vaudois

Retour à Manderley
Nous franchîmes le dernier virage et Manderley surgit enfin. Oui, il était bien devant nous, le Manderley que j’attendais, le Manderley de la carte postale d’autrefois. Une bâtisse toute de grâce et de beauté, exquise et sans défaut, plus magnifique encore que je ne l’avais rêvée.» Manderley, l’aristocratique demeure qui sert de cadre à ce chef d’œuvre absolu de la littérature policière qu’est Rebecca de Daphné du Maurier. L’ouvrage le plus célèbre peut-être de la romancière britannique, dont une toute nouvelle traduction est maintenant disponible en édition de poche.

En attendant que les robots deviennent plus «humains» que nous autres…
Un androïde fort attachant, dans le (superbe) dernier roman de Ian McEwan, «Une machine comme moi», nous confronte aux limites de notre «nature» au fil d’une uchronie passionnante. Sous le contrôle attentif d’un Alan Turing (1904-1956) toujours en vie, les avancées fascinantes de la technologie, au début des années 1980, butent sur le «trop humain» de notre espèce…

La cuisine télévisée, c’était mieux avant
Un billet d’humeur pour sourire de nos délires à l’ère de l’obsession alimentaire. Anna Décosterd est auteure du blog culinaire My Sweet Mouette et photographe culinaire autodidacte.
Hemingway, le bobsleigh et Mussolini
La Suisse est un petit pays montagneux, bien plus en montées et en descentes qu’en terrain plat, et couvert de grands hôtels marron construits dans le style d’architecture du coucou.» Ces lignes sont d’Ernest Hemingway; elles ont paru dans The Toronto Star Weekly, dont il est alors le correspondant étranger. Nous sommes en mars 1922. L’écrivain en herbe, il a 23 ans, séjourne aux Avants, au-dessus de Montreux. Au début de l’année, il s’est installé à Paris, d’où, avec sa jeune épouse, Hadley, il ne cesse de voyager.

Pauvre Artaud
Le poète de la folie cosmique est conspué sur Instagram comme prototype du mâle hétéro-patriarcal. Hmm. Et si on arrêtait de ridiculiser la cause des femmes avec des fatwas à la mord-moi-le-nœud?

Maryssa Rachel

Quand l’intime à la façon d’Amiel devient un noyau de résistance…
Sous le titre explicite d’Amiel & Co, la revue de Gilbert Moreau intitulée Les moments littéraires rassemble 23 fragments de journaux plus ou moins intimes d’écrivains romands où les «classiques» de jadis et naguère (Amiel, Ramuz, Monique Saint-Hélier, Gustave Roud, Jacques Mercanton) voisinent avec des contemporains de générations diverses – de Douna Loup à Alexandre Voisard, ou de Noëlle Revaz à Jean-Pierre Rochat et Alexandre Friedrich -, dans un ensemble assez représentatif mais surtout varié de ton, avec de vraies découvertes en bonus. Démarche obsolète dans un monde où le «cher journal» fait figure de vieillerie? Ou défense du supplément d’âme et de style, de l’indépendance d’esprit et de la qualité littéraire, quand l’intimité même est livrée en pâture à la meute vorace?

Le cousin de Godzilla
Un billet d’humeur pour sourire de nos délires à l’ère de l’obsession alimentaire. Anna Décosterd est auteure du blog culinaire My Sweet Mouette et photographe culinaire autodidacte.
Dieu et les films d’horreur
Quand un taoïste vaudois rencontre Cioran.

Le Soldat inconnu, le jeune homme et l’écrivaine
Il s’appelle Henry de Jouvenel. Il est l’un des rédacteurs en chef du Matin, l’un des principaux quotidiens parisiens. Le couple qu’il forme avec l’écrivaine Colette, épousée en secondes noces, est l’un des plus en vue. En cet automne 1920, il a signé en première page de son journal un article retentissant. Comme l’on s’apprête à transférer au Panthéon la dépouille d’un combattant inconnu, symbole de tous les morts de la Grande Guerre, il réclame pour ce «fils de toutes les mères qui n’ont pas retrouvé leur fils» une demeure plus digne de lui, l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile.