
Le bitcoin ne sera bientôt plus une monnaie spéculative
La technologie sous-jacente aux cryptomonnaies s'améliore. Au point que même les banques centrales, pourtant très réticentes, sont amenées à réfléchir sérieusement à son adoption.

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Que représente, affectivement, telle ou telle langue dans ma vie? Quelle place pour l’intime dans l’apprentissage? Et pour la grammaire? Désormais diplômée et entrée dans le monde du travail, Fatma Sahindal a retrouvé sa professeure Hélène Pfersich, le temps d’un échange sur des questions trop peu souvent explorées.

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La langue n’est pas qu’un outil de communication. Elle est un moyen de se représenter et d’interpréter le monde, d’accéder à des connaissances et à des cultures, de tisser ou de rompre des liens. Elle est au cœur de nos émotions et de nos identités. Apprendre ou enseigner une langue ne se résume donc jamais à apprendre ou enseigner une langue. L’appropriation de la grammaire et du vocabulaire ne sont que des parcelles d’un sinueux parcours, pour trouver sa voix, pour ouvrir des voies. Fatma Sahindal, de langue paternelle kurde, a pris conscience de tout cela en travaillant, à l’École de français langue étrangère (UNIL) à Lausanne, avec une enseignante atypique, Hélène Pfersich, qui accompagne les étudiants dans une démarche créative. Dans le cadre de son cours «De l’improvisation théâtrale à l’écriture», Fatma a écrit des «Lettres à ses langues». Voici celle qu’elle adresse à sa langue perdue, langue du père mort, langue interdite. Suivie d’une conversation entre l’étudiante et la prof.

Jamais la controverse entre Européens n’a été aussi vive. La question de la migration s’enflamme à la veille d’une importante réunion des 28. Entre Paris, Rome, Berlin, Madrid, Athènes et Budapest, on s’envoie des flèches… tout en disant de chercher une position commune dont, pour l’heure, on n’entrevoit pas les contours. Et la Suisse? Elle ne dit rien sur le sujet. Elle a le nez collé sur le proche accord institutionnel avec l’UE, elle pinaille sur les mesures d’accompagnement à la liberté de circulation des personnes. Sans voir ce qui va se passer. Les accords de Dublin (qui prévoient que les demandes d’asile soient déposées dans le premier pays abordé) et les accords de Schengen (moins de contrôles aux frontières) vont être révisés. C’est inéluctable, d’autant plus qu’en réalité, ils ne sont pas vraiment appliqués aujourd’hui. Or, nous en sommes signataires. Alors quoi, on se tait?

«Les catastrophes économiques, je connais, j’ai vécu ça au Pérou où la situation a poussé ma mère à l’exil. Mais ce qui se passe au Venezuela est encore plus grave. Je n’ai jamais vu une chose pareille.» C’est ce que nous disait il y a quelques jours à la rédaction, Doménica Canchano Warthon de retour d’un reportage au Venezuela. C’est littéralement ce qu’on appelle un «point de vue»: il éclaire et enrichit le récit que notre journaliste nous a livré dans la série d’articles parus ces derniers jours. Il donne une mesure plus concrète de ces mots – inflation, pénurie, violence – qui, vus d’ici, peinent à dépasser l’abstraction. Nous avons suggéré à Doménica, en guise de post-scriptum à son reportage, de partager son point de vue avec les lecteurs. Cri du cœur d’une Latino-américaine éprouvée dans sa capacité à espérer.

Des «Chants de l’amour de soi» à «Ceux qu’on oublie difficilement», le jeune poète japonais Takuboku (1886-1912) nous reste plus proche, en sa rage individualiste, que maints de nos contemporains confits de narcissisme insipide…

Les journalistes trop critiques avaient été publiquement dénoncés par le pouvoir. Au tour des chercheurs de l’Académie des sciences maintenant. Un site proche de Orban les désigne maintenant et demande qu'ils changent de sujets, écrit le «Courrier d'Europe centrale»

A la fin du XIXe siècle, boire est implicitement une affaire d’hommes. Il s’avère très difficile de retracer l’histoire de cette pratique chez les femmes.

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C’est devenu un réflexe: les belles âmes tiers-mondistes maudissent les multinationales qui exploitent les mines en Afrique et en Amérique latine. Non sans raisons! On assiste en effet au pillage du Congo et d’autres pays. Mais comment donc les pays pauvres peuvent-ils tirer parti des richesses de leur sous-sol? Le cas de la Colombie est intéressant. On y connaît un véritable fléau: les mines illégales, d’or en particulier (80 % de la production se fait au noir!). Des chercheurs venus aussi du Brésil et du Venezuela s’installent sur les rivières et dans les montagnes, appuyés par des bandes armées de tout poil, empoisonnent les cours d’eau, sèment le chaos dans les villages. Les sociétés, locales ou étrangères, qui obtiennent des concessions, sont en revanche soumises à la loi. Que certaines la violent, c’est certain. Mais d’autres veulent assumer leurs responsabilités civiques et sociales.
L’ex-président de la Poste, Claude Béglé, l’a dit franchement: l’institution est devenue un Etat dans l’Etat, avec sa hiérarchie, sa méthode, son opacité. Il y en a une autre, moins connue: la multinationale de l’armement Ruag, entièrement détenue par la Confédération. Deux milliards de chiffre d’affaires, 9000 employés, 80 lieux de production. Elle vient d’obtenir un succès: le Conseil fédéral a décidé d’assouplir les restrictions à l’exportation d’armes. Elles pourront aller désormais vers des Etats agités par des conflits intérieurs. Et notamment, un gros client, vers l’Arabie saoudite qui mène au Yémen une guerre particulièrement cruelle pour les populations civiles. Mais qui sait que Ruag prépare une implantation au Brésil pour la production de munitions pour armes légères? Dans un pays rongé par la violence et la corruption.

ÉconomieLibre
La Colombie s’est lancée, dès 2010, dans la construction d’un énorme barrage hydraulique sur le fleuve Cauca. Il devait satisfaire 16% des besoins d’électricité du pays dès la fin de l’année. Mais des glissements de terrain le menacent depuis début mai. Un effort inouï est fourni pour éviter que les populations en aval soient atteintes par les inondations, pour que l’installation soit sauvée. Jusqu’à 11'000 ouvriers ont travaillé jour et nuit pour canaliser les flux, abondants en cette saison de pluies, et élever le plus haut possible la barrière de béton. Fait-divers? Plus que cela: ce chantier démontre l’ambition d’un pays qui se modernise et aussi son énergie pour faire face à l’adversité. Une histoire qui n’a pas eu droit à une ligne dans la presse européenne mais qui a de quoi intéresser les Suisses, préoccupés aussi par la sécurité de leurs barrages.