Ceux qui s’aiment un peu mieux eux-mêmes seront un peu moins oubliés…


Des «Chants de l’amour de soi» à «Ceux qu’on oublie difficilement», le jeune poète japonais Takuboku (1886-1912) nous reste plus proche, en sa rage individualiste, que maints de nos contemporains confits de narcissisme insipide…
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Au début des années soixante du siècle dernier, vers 1963, raconte le sinologue Jean-François Billeter dans Une rencontre à Pékin, une jeune Pékinoise se représentait la Suisse comme un pays de rêve dans lequel on se déplaçait de villes en villages à bord de gracieux téléphériques, et dont l’ordre était maintenu par cinq policiers, ni moins ni plus.
La Chine sortait alors de la plus terrible famine provoquée de l’Histoire, avant d’être plongée, quelques années plus tard, dans les rouges ténèbres d’une révolution prétendue culturelle et surtout meurtrière en laquelle des millions d’Occidentaux plus ou moins jeunes et niais ne virent eux aussi qu’une idylle.
Il suffit de revoir, aujourd’hui, le film de Jean-Luc Godard intitulé La Chinoise, l’un des collages idéologico-lyriques les plus narcissiques du cinéma «révolutionnaire» de l’époque, pour mesurer le degré d’aveuglement, et surtout de méconnaissance, qui caractérisait l’approche du totalitarisme chinois par autant d’intellectuels occidentaux que de militants grégaires.
Peu de temps après la sortie de ce brûlot cumulant toutes les ambiguïtés des discours de mai 68 concélébrés aujourd’hui avec une dévotion plombée de neuve hypocrisie «politiquement correcte», parut un livre détonant, intitulé Les Habits neufs du Président Mao, sous la plume de Simon Leys (pseudonyme du sinologue belge Pierre Ryckmans), immédiatement conchié par nos maoïstes de salon et autres idiots utiles du journal Le Monde, au motif qu’il révélait la vérité des faits.




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