Submergées par les touristes, les Cinque Terre pourraient disparaître

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 22 juin 2017 · 2 min de lecture

Submergées par les touristes, les Cinque Terre pourraient disparaître
Le village de Vernazza, dans les Cinque Terre. En médaillon, le géologue Mario Tozzi, qui craint le pire pour la région. - DR

En Italie, sur la côte Ligure, le tourisme agit comme partout ailleurs: il détruit cultures et paysages. Dans la «Stampa», le géologue Mario Tozzi s’alarme, constatant que la région est terriblement menacée par les inondations, que les ancestraux murets désormais abandonnés ne retiennent plus.

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Aux Cinque Terre, en Italie, les paysages sont fantastiques, la nourriture délicieuse et les vins du pays font délicieusement tourner la tête. Et qui emprunte la Via dell’Amore, surplombant la mer entre Riomaggiore et Manarola, se laisse aller au romantisme et, sur un des bancs qui agrémentent le sentier, tente un baiser.

Mais tout ceci ne sera peut-être bientôt plus qu’un souvenir. Parce que qui trop embrasse, mal étreint.

Menacé par les inondations

C’est dans la Stampa, relayée par le site Tiscali, que le géologue Mario Tozzi s’alarme: le petit paradis de la Riviera Ligure, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, pourrait disparaître de la carte, emporté par les alluvions. «Il y a peu d’endroits dans le monde aussi menacés par les inondations et les glissements de terrain que les Cinque Terre», rappelle-t-il, expliquant que les habitants avaient de tout temps combattu ces phénomènes en construisant des murets et en créant des terrasses, barrières contre l’eau et la terre descendant des montagnes. Des terrasses où étaient cultivés du vin, des légumes et d’autres produits agricoles.

Sauf qu’avec l’arrivée des touristes, il est devenu plus rentable et moins fatiguant de louer des maisons que de planter de la vigne et des arbres. Du coup, murets et terrasses ont commencé à disparaître, et avec eux les protections du site. En 2011, une terrible inondation a ainsi dévasté les Cinque Terre, causant la mort de treize personnes et faisant des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions d’euros.

«Quel prix sommes-nous prêts à payer pour un développement sans limite?», demande Mario Tozzi. Qui,  plutôt que de construire toujours plus d’hôtel dans les Cinque Terre, propose de limiter le nombre de visiteurs. Une option à laquelle tout le monde là-bas semble s’opposer, visiblement prêt à tout sacrifier sur l’autel du profit.

Destruction des paysages et des cultures

C’est un des paradoxes du tourisme. Plus un endroit plaît, plus il est menacé de disparaître. Tragiquement, comme les Cinque Terre, ou plus sournoisement, sous des tonnes de béton, envahi par les boutiques, les hôtels et les restaurants. Sans parler des modifications sociologiques, de la destruction de cultures millénaires.

Si vous connaissez, de par le monde, un endroit préservé, un paysage fantastique, des gens merveilleux… surtout n’en parlez à personne.


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