Dans ce texte, initialement publié sur son site, Jean-Claude Péclet livre ses sentiments et ses réflexions sur la pandémie de coronavirus, évoquant notamment au passage le climat et la révolution française. «Qui, au fait, définit ce qu'est "notre bien"? Les élus, les élites, le magma incandescent des réseaux sociaux?» C'est bon pour la tête.
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Cela paraît loin. Mars 2020. A neuf heures du soir tapantes, les gens sortaient sur leur balcon pour applaudir. Les infirmières, admirables. Les vendeuses, courageuses. Les ouvriers sur les chantiers, les éboueurs sur leur camion. Tous ces gens mal payés qu’on feignait de découvrir indispensables. Fidèles au poste, ils continuaient de faire tourner la machine tandis que, poussés au télétravail ou confinés, d’autres avaient les yeux rivés sur la courbe des contaminés, des morts.
Les textos pleuvaient: «Prends soin de toi». Prenons soin de nous.
Dès le 16 mars, j’ai cessé d’applaudir, agacé par une empathie dont le psychologue Paul Bloom souligne les dérives.





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