Réservé aux abonnés

Triennale sur une autoroute

Michèle Laird

Par Michèle Laird · Publié le 5 septembre 2017 · 3 min de lecture

Triennale sur une autoroute
Sortie de route: direction Triennale - © Michèle Laird

Le Relais du Saint-Bernard sur l’A9 reçoit la 4e Triennale d’art du Valais. Lieu improbable pour une manifestation d’art contemporain, 30 artistes confirmés, d’ici et d’ailleurs, investissent l’espace hybride, entre mécanique et nature, la plupart avec des œuvres créées pour l’événement. Pause ludique jusqu’au 22 octobre.

Le Relais du Saint-Bernard, vue en direction du Valais avec les œuvres de Lang/Baumann (Comfort #16) et Eggs & Bitschin (Pylône) au centre.

Sortie de route aux portes du Valais 

«L’autoroute agit ici comme une métaphore de l’art», raconte Simon Lamunière, pour expliquer son choix du Relais du Saint-Bernard. Curateur pendant 12 ans de Unlimited à Art Basel et curateur de l’exposition principale de la Triennale, Lamunière rappelle combien le monde de l’art ressemble à une autoroute qui draine les foules: «Aujourd’hui, il y a des foires et biennales partout!». Il voulait proposer «une sortie de route» pour cette Triennale. 

En plus des éléments classiques d’une aire autoroutière, le Relais du Saint-Bernard et sa zone de loisirs réunissent sur un kilomètre carré toutes les caractéristiques du Valais: lacs, plages, carrière, éolienne, ponts, tunnels, rivière, canal, cultures maraîchères et viticoles mais encore un parc d’attraction à la thématique du western. «Des lieux sublimes. Il ne manque que la montagne!»

Vue aérienne du Relais du Saint-Bernard où se mêlent station-service, restaurant, office de tourisme, loisirs et, jusqu’au 22 octobre, art.

La force du contexte

Pourfendeur d’une relation moins marchande à l’art, le curateur s’interroge sur la capacité pour l’art de garder sa valeur prospective. Dans son développement fulgurant, il observe une simplification du discours artistique et un rapprochement au monde du spectacle.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le Warhol que Khomeiny n’a pas brûlé

CultureArticleLibre

Le Warhol que Khomeiny n’a pas brûlé

La République islamique voulait chasser l'influence occidentale. Elle conserve pourtant, dans les réserves d'un musée de Téhéran, l'une des collections d'art moderne les plus précieuses hors d'Europe et des États-Unis — dont personne, pas même le régime qui la détient, ne connaît la valeur exacte.

Michel Santi

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck

CultureArticle

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck

C’est une des plus belles expositions en Suisse cet été, à voir jusqu’au 9 septembre au Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) de Lausanne. Alain Huck propose une promenade dimensionnelle à travers les mots et la pensée. Miroir d’un état du monde terrifiant, son œuvre est néanmoins traversée de tendresse, histoire de nous rappeler que l’art peut être d’une radicale efficacité pour provoquer la réflexion et l’engagement.

Michèle Laird

Jean Frémon, vendeur d’art

CultureArticleLibre

Jean Frémon, vendeur d’art

«Probité de l’image», recueil de vingt-huit textes rédigés entre 1991 et 2022 pour des catalogues par le directeur de la galerie Lelong, sise rue de Téhéran à Paris, c’est-à-dire l’ancienne et fameuse galerie Maeght, nous livre un riche et précieux témoignage des rencontres infiniment variées de Jean Frémon (1946) avec les plus prestigieux des artistes actuels et leur travail.

Yves Tenret

A Venise, l’art contemporain exténué

CultureArticle

A Venise, l’art contemporain exténué

Depuis 1895, la Biennale de Venise, la plus ancienne et la plus prestigieuse foire d'art contemporain, présente les dernières tendances. Or depuis quelques années, une vérité s'y affirme peu à peu: dans l'art, comme dans nos société en général, il n'existe plus, ni tendances, ni projet.

David Laufer