Réservé aux abonnés

«Pourquoi risquer la noyade vers l’Europe si on peut prendre l’avion pour les Amériques?»

Doménica Canchano Warthon

Par Doménica Canchano Warthon · Publié le 5 novembre 2019 · 4 min de lecture

«Pourquoi risquer la noyade vers l’Europe si on peut prendre l’avion pour les Amériques?»
Des milliers de migrants sont immobilisés à Tapachula, en attente d'une régularisation. - © Luis Villagrán

En octobre 2018, un mois et demi avant son entrée en fonction en tant que président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador a envoyé un message aux migrants promettant des visas de travail et un transit adéquat sur le chemin des États-Unis. Des vagues de caravanes de migrants sont alors arrivées dans le pays. Aux Salvadoriens et aux Honduriens entre autres, se sont joints des milliers d'Africains. Pour eux, il était trop dangereux de migrer vers l'Europe.

Sommaire

Au cours des 4 premiers mois de l’année, les autorités mexicaines ont enregistré l’arrivée de près de 2 000 Africains, soit l’équivalent de la totalité des entrées en 2018. La majorité vient de la République démocratique du Congo et du Cameroun. 3 mois plus tard, ils étaient déjà plus du double. Sur ces quelque 5 000 personnes, seules deux ont été contraintes de rentrer dans leur pays. 

Ces ressortissants du continent africain traversent l’Océan Atlantique en avion ou en bateau. Ils arrivent avec un visa de touriste et ensuite ils transitent par le Brésil, l’Équateur, la Colombie, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras et le Guatemala pour aboutir au Mexique, à Tapachula, une ville abandonnée du Chiapas, considéré comme l’État le plus pauvre du pays. Ce voyage dure des mois et coûte des milliers de dollars. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

«Le crépuscule de l’illusion russe en Afrique est arrivé»

GéopolitiqueArticleLibre

«Le crépuscule de l’illusion russe en Afrique est arrivé»

Après avoir dénoncé les dérives des mercenaires russes au Sahel, le journaliste nigérian Oumarou Sanou revient sur l’échec stratégique de Moscou au Mali. A la lumière des récentes attaques djihadistes, il décrypte les illusions entretenues autour de la présence russe en Afrique. Et appelle à un panafricanisme affranchi des puissances étrangères, loin des faux choix géopolitiques. Interview.

Catherine Morand

La guerre en Iran vue d’Afrique

GéopolitiqueArticle

La guerre en Iran vue d’Afrique

Même si les responsables politiques font preuve d’une certaine retenue, par crainte de mesures de rétorsion, aux yeux d’une bonne partie de l’opinion publique africaine, la guerre menée par les Etats-Unis et Israël en Iran est illégale et relève de l’hégémonie occidentale sur le reste du monde.

Catherine Morand

Fin de l’aide au développement: vers une nouvelle solidarité mondiale?

GéopolitiqueLu ailleursLibre

Fin de l’aide au développement: vers une nouvelle solidarité mondiale?

La réduction massive de l’aide au développement dans le monde marque un tournant historique. Si elle provoque une crise humanitaire majeure, elle révèle aussi l’hypocrisie d’un modèle fondé sur la dépendance. Car derrière les coupes budgétaires, c’est tout un système de domination économique et politique qui vacille. En Afrique comme dans d’autres pays du Sud, cette rupture est perçue comme une opportunité. Celle d’inventer une réelle coopération, fondée sur l’égalité, la souveraineté et les intérêts communs plutôt que la charité.

Markus Mugglin