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Pour en finir avec les certificats de travail

François Schaller

Par François Schaller · Publié le 12 juillet 2017 · 7 min de lecture

Pour en finir avec les certificats de travail
© Bon pour la tête

Ce document n’existe à peu près qu’en Suisse. Il est devenu inutile et ne crée que des malentendus. Il suffirait pourtant de changer quelques mots dans la loi pour revenir à des pratiques beaucoup plus saines.

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C’est assez rare, mais il existe des salariés à plusieurs décennies de vie active derrière eux, une demi-douzaine d’employeurs au moins, et pas un seul certificat de travail vantant leurs petits exploits et grandes qualités. Ils ne s’en sont tout simplement jamais préoccupés. La loi donne droit au certificat de travail qualitatif pour celles et ceux qui le demandent, mais elle ne contraint nullement les entreprises et administrations non sollicitées.

Que pensent-elles alors, en tant que recruteuses cette fois, des dossiers de candidature sans le moindre certificat (forcément suspect de complaisance)? A vrai dire pas grand-chose. Quelle importance en effet si les candidats mentionnent des références? Une bonne discussion téléphonique ne vaut-elle pas toutes ces tartines alambiquées, souvent discutées âprement lors des démissions ou licenciements? Les salariés ne feraient-ils pas mieux de se contenter d’attestations portant sur les éléments les plus factuels du rapport de travail, dates, fonctions, promotions, formations continues?

A entendre les professionnels des ressources humaines à l’échelle internationale, la Suisse est à peu près seule en Europe – au monde peut-être – à connaître cette pratique des certificats de travail qualitatifs. Avec l’Allemagne il est vrai, qui va encore plus loin, recourant à des systèmes sophistiqués de notation. Les entreprises et leurs collaborateurs se contentent partout ailleurs d’attestations administratives de quelques lignes. Pour l’évaluation, ce sont vraiment les références qui comptent. Tout le monde ou presque le sait, mais tout se passe comme si personne n’osait s’engager à Berne sur le terrain politiquement miné d’une modification de l’article 330a du Code des obligations (dont l’esprit remonte au début du XXe siècle). Pour en finir une fois pour toutes avec ce qui est devenu une vraie bouffonnerie.

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