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Postobón ou la défense hypocrite (plus c’est gros, plus ça passe…)

Vincent Dubuis

Par Vincent Dubuis · Publié le 23 décembre 2017 · 5 min de lecture

L’histoire se déroule à Bogota, Colombie, à la fin de l’année 2016. Des appels téléphoniques menaçants. Des bugs informatiques inexpliqués. Des hommes, dans des voitures garées, prenant des photos de la directrice d’un petit groupe de défense des consommateurs, à l’entrée du siège. Un article en trois épisodes, ou comment l’autre «poudre blanche» est devenue un objet de conflits et d’intimidations en Colombie.


Episode précédent: «Comment l’autre «poudre blanche» est devenue un objet de conflits et d’intimidations en Colombie»


Ici, nous ne connaissons pas, ou peu Postobón. Pourtant, en Colombie, c’est une marque qui fait partie de l’un des conglomérats les plus importants et les plus respectés de Colombie: la Organización Ardila Lülle. Cette organisation a été fondée au début des années 1950 par Carlos Ardila Lülle, et a aidé à définir l’identité colombienne moderne grâce à plusieurs compagnies qui possèdent notamment la ligue nationale colombienne d’athlétisme, ARESS, une compagnie d’assurance et des concessionnaires automobiles qui vendent des véhicules de marques (Dodge, Jeep et Ford). Mais cet énorme conglomérat comprend aussi des producteurs de canne à sucre, et surtout, la plus grande société média du pays, RCN Televisions, qui a, évidemment, contribué à diffuser le message anti-taxes.

Bien sûr, pour sa défense, l’industrie des rafraîchissements prétend que les taxes sur les boissons frappent injustement les pauvres, provoquent le chômage en réduisant les ventes, et surtout, ne parviennent pas à réduire l’obésité.

William Dermody, porte-parole de l’American Beverage Association (ABA) (Organisation représentante de l’industrie des boissons gazeuses et sucrées aux USA) a même déclaré: «Le fait d’affecter nos produits avec une taxe et de les laisser comme ça n’accomplira rien sur l’obésité dans ce pays ou dans le monde»

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