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Palerme, l’art de l’accueil

Elisabeth Chardon

Par Elisabeth Chardon · Publié le 5 juillet 2018 · 12 min de lecture

Palerme, l’art de l’accueil
Kader Attia. Video et sculpture dans le Palazzo Forcella De Seta. - © Simone Sapienza. Manifesta 12 and the artist

La capitale de la Sicile fait parler d’elle cet été, parce que son maire défie le ministre de l’intérieur italien avec sa politique d’accueil des migrants. Mais aussi parce qu’elle reçoit Manifesta. Et les deux actualités ne sont pas sans rapports. La biennale européenne d’art contemporain nomade offre des clés exceptionnelles pour découvrir une cité où la végétation, l’architecture et même la pâtisserie témoignent de siècles de multiculturalisme.

Sommaire

Dans le crépuscule de Palerme, doucement rythmés par un tambour africain, les discours se succèdent. En ce soir de juin, on ouvre une biennale d’art contemporain atypique et nomade, née à Rotterdam en 1996 et qui, après Saint-Pétersbourg en 2014 et Zurich en 2016, fait halte dans la capitale sicilienne, jusqu’au 4 novembre.

C’est au tour du maire de prendre la parole sur la grande estrade. Leoluca Orlando s’enthousiasme: «Que Manifesta aide ceux qui découvrent Palerme à l’aimer et permette à ceux qui y vivent de l’aimer plus encore». Une fois de plus, il répète qu’un migrant qui arrive à Palerme devient un Palermitain et cette posture d’accueil qui est la sienne depuis longtemps, sonne comme un défi au ministre de l’intérieur italien, qui aujourd’hui refuse l’accès des ports aux navires qui secourent hommes, femmes et enfants à la dérive en Méditerranée. Elle avait déjà abouti, en 2015, lors du congrès «Io sono persona», à la Charte de Palerme qui propose l’abolition du permis de séjour, que Leoluca Orlando considère comme relevant d’un système criminogène, poussant au trafic d’êtres humains. 

Certes, ce septuagénaire, qui a cheminé avec la Démocratie chrétienne et l’Italie des valeurs, bénéficie encore de l’aura que lui a conféré son combat contre la mafia dans les années 1990. Reste que ce discours d’ouverture, à l’heure où les extrêmes-droites draguent les populations, ne l’a pas empêché d’être réélu en 2017 pour la cinquième fois, avec 74 % des voix.

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