Les soldats polonais mobilisés pour l’Ukraine?

Par Marta Czarska · Publié le 7 juin 2024 · 1 min de lecture

Les soldats polonais mobilisés pour l’Ukraine?
Frontière polono-russe sur la plage de la lagune de la Vistule, Nowa Karczma. Côté dune, au milieu de quelques buissons, se dresse une cabane prête à s’écrouler et, si vous approchez un peu trop du signal «stop», apparait un soldat russe, grosse mitraillette sur l’épaule, qui agite la main en signe de «dégagez de là!» Sur le petit panneau bleu fixé par quelques bouts de fil de fer au grillage: «Frontière d’Etat – passage interdit». Une frontière bien peu spectaculaire, mais réelle, entre la Pologne et l’enclave russe de Kaliningrad. © M. C.

Le vendredi 31 mai 2024, à 14 heures, apparaissait une dépêche de la PAP, l’agence de presse polonaise, annonçant la nouvelle suivante: «Le 1er juillet 2024, une mobilisation militaire partielle sera annoncée en Pologne.» La panique était aussitôt déclenchée. Et les responsables pointés du doigt.

La dépêche poursuivait en ces termes: «200’000 citoyens polonais, anciens militaires ou simples civils, seront appelés à effectuer leur service militaire obligatoire. Tous les mobilisés seront envoyés en Ukraine.»

Quelques minutes plus tard, la dépêche était annulée. Elle est réapparue à 14h20, avant d’être à nouveau supprimée. Malgré cette rapide réaction, la dépêche a semble-t-il eu le temps d’être diffusée sur de nombreux portails internet polonais.

«La dépêche de la PAP sur la mobilisation partielle est fausse. Nous avons initié une enquête urgente. Tout indique qu’il s’agit d’une cyberattaque et d’une désinformation planifiée! Je vous tiendrai au courant de la suite des événements», écrit le ministre de la numérisation Krzysztof Gawkowski sur X (anciennement Twitter).

Il a rapidement été établi qu’il s’agissait d’une cyberattaque, très probablement de hackers russes, afin d’agiter les esprits dans le cadre des très prochaines élections européennes. L’objectif des hackers était clairement de semer la confusion et de détériorer les relations de la Pologne avec ses voisins et alliés. 

Malgré une soudaine flambée de recherches sur Google avec le mot-clef «mobilisation», l’attaque, bien que spectaculaire, n’a pas été très efficace. Le démenti rapide a fait que l’information a été considérée comme fausse dès le début, le but n’a donc pas été atteint. Mais quand même…

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