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Les Droits de l’Homme, un si bon business

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 7 juillet 2023 · 3 min de lecture

Les Droits de l’Homme, un si bon business
Le siège de la fondation Bill & Melinda Gates à Seatle. - © Jacklee - CC BY-SA 4.0

Les mauvais comptes du CICR, qui a plus que doublé son chiffre d’affaires en dix ans (à près de trois milliards de francs) pour se retrouver plongé dans un déficit de plusieurs centaines de millions de francs au début de cette année, auront au moins eu l’avantage de montrer que l’humanitaire pouvait être un très bon business. Pour les cadres dirigeants en tout cas.

On a ainsi appris que le salaire du président atteignait 437’000 francs par an (sans les frais) et celui du directeur plus de 300’000. L’Etat de Genève, d’habitude sourcilleux quand il s’agit de la gestion des petites associations, vient de repasser le couvert pour 39 millions de francs sans se demander pourquoi le président du CICR gagnait autant alors que la loi cantonale sur les subventions limite pourtant les honoraires des dirigeants des organisations sans but lucratif.

Mais si les géants de l’humanitaire, la Fondation Gates, WorldVision, Oxfam, Care International, MSF, CICR et autres brassent des milliards, ils ne sont pas les seuls à faire leur beurre dans le non-lucratif. Les organisations de défense des droits de l’Homme font aussi très fort. Certes les revenus y sont moins élevés. Mais celui des plus grandes, tels Amnesty et Human Rights Watch par exemple, se monte tout de même à 300 millions et à 85 millions. Plus surprenant, les salaires y sont encore plus élevés que dans l’humanitaire. Kenneth Roth, patron de HRW pendant 27 ans, gagnait ainsi plus 620’000 dollars au moment de son départ l’an dernier. Et Irene Khan, la patronne d’Amnesty, a été récompensée par une gratification de 533’000 livres lorsqu’elle a quitté son organisation de bienfaisance avant de se refaire une santé comme rapporteure spéciale de l’ONU pour la liberté d’expression. A ce prix, on peut espérer que les victimes des «autocraties» que ces organisations sont censées secourir sont bien défendues.

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