Les chasseurs de complotistes rattrapés par leurs failles méthodologiques

La rédaction · 8 octobre 2026 à 09:53 · il y a 1 heure · 2 min de lecture

Bien avant la crise du Covid-19, plusieurs chercheurs spécialisés dans la lutte contre le complotisme faisaient déjà l’objet de critiques sur leurs méthodes et leur rigueur scientifique. Des philosophes dénonçaient notamment leurs biais méthodologiques et leur tendance à discréditer certaines hypothèses sans en examiner les fondements. Des critiques qui prennent une résonance particulière à la lumière du rôle joué par ces chercheurs durant la crise sanitaire.

Les travaux de plusieurs chercheurs francophones spécialisés dans l’étude du complotisme, notamment Pascal Wagner-Egger, Sebastian Dieguez et Gérald Bronner, faisaient déjà l’objet de vives critiques académiques avant la crise du Covid-19. Dès 2016, puis dans plusieurs publications en 2019, des philosophes spécialistes des théories du complot ont contesté certaines approches, jugées trop systématiquement défavorables aux personnes soupçonnant l’existence de conspirations.

Parmi eux, le philosophe M. R. X. Dentith a notamment dénoncé des contradictions argumentatives, des erreurs d’interprétation et une définition du complotisme qui tendrait à disqualifier d’emblée les hypothèses de conspiration. Le philosophe Lee Basham a, de son côté, critiqué ce qu’il considère comme une tendance à pathologiser la méfiance envers les institutions.

Le désaccord porte notamment sur la manière d’aborder les théories du complot. Faut-il les considérer d’emblée comme suspectes, ou examiner les faits sur lesquels elles reposent ? Une controverse qui a pris une importance particulière durant la crise du Covid-19, lorsque la lutte contre le complotisme est devenue un enjeu majeur du débat public.

Pour rappel, sur le plateau d’une émission de la RTS, en juin 2020, Sébastian Dieguez a soutenu qu’on ne pouvait pas « penser par soi-même ». Une assertion qui n’avait pas manqué de faire réagir, en premier lieu la journaliste Myret Zaki, présente sur le plateau au même moment.

Pour approfondir :

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi en société

Toute la rubrique Société →
« Nous sommes à bout » : le cri d’alarme de la rédaction de la RTS

SociétéArticle

« Nous sommes à bout » : le cri d’alarme de la rédaction de la RTS

Nouveaux remous au sein de la Radio Télévision Suisse (RTS). Cette fois, le ton est particulièrement dur. Dans un texte adressé à la direction de l’Actualité, de la RTS et de la SSR, des membres de la rédaction de l’actualité, techniciens et collaborateurs externes lancent une alerte sur leurs conditions de travail. « Nous sommes à bout. La souffrance au travail est devenue le quotidien de l’actualité. »

Martin Bernard

Vieillir à l’ère transhumaniste

SociétéArticle

Vieillir à l’ère transhumaniste

Désormais, le vieillissement n’est plus une étape de l’existence mais un problème à résoudre, un phénomène à mesurer, à prévenir et, si possible, à repousser. Alors que, dans le même temps, ce qui faisait la force des anciens — l’expérience et le savoir — ne fait plus le poids face à une mémoire devenue numérique et à une intelligence artificielle capable de répondre à tout en quelques secondes.

Victoria Grineva

Pourquoi les époques turbulentes changent de couleur?

SociétéArticle

Pourquoi les époques turbulentes changent de couleur?

Les sociétés ont toujours utilisé des palettes chromatiques pour exprimer leurs peurs, leurs rêves et leurs valeurs. Aujourd’hui, du «normcore» à la «clean girl», des iPhone couleur titane aux intérieurs grège, la neutralité est devenue un idéal. Une esthétique rassurante qui dit beaucoup de notre besoin de contrôler un monde de plus en plus incertain.

Victoria Grineva