Le paysage est aussi politique


© Musée Jenisch Vevey – Cabinet cantonal des estampes, Fonds des estampes du Professeur Pierre Decker.
Dimanche 10 février a lieu la votation sur l’initiative Stop mitage. Et si, plutôt que de subir les arguments abêtissants des partisans et des opposants de l’initiative, on abordait la question par un autre biais? Par exemple en se plongeant dans «Dessin politique, dessin poétique» des Editions Les cahiers dessinés qui aborde notamment la question du paysage.
Les Suisses votent ce dimanche sur l’initiative des Jeunes Verts pour stopper le mitage du territoire. «Stop mitage, protégeons nos sol», demandent les écolos. C’est tout à la fois abscons et comminatoire. Dans l’autre camp, on trouve des partisans de l’économie et de l’agriculture libérale. Comment se faire une opinion?
Peut-être en faisant un pas de côté et en s’intéressant au paysage. Celui qu’il faudrait soit protéger soit rentabiliser.
Un livre récemment paru aux Editions Les Cahiers dessinés propose une passionnante réflexion sur le sujet. Dessin politique et dessin poétique met en relation les deux genres ─ poésie et politique, montrant comment certains artistes ont traité l’un et l’autre. Par exemple George Grosz (1893-1959). L’artiste allemand «communiste, farouchement antinationaliste, s’est attaqué à la bourgeoisie, à l’armée, à l’Eglise et aux bonnes mœurs dans des caricatures féroces, pour lesquelles il est plusieurs fois condamné.» Ayant émigré aux Etats-Unis en 1933, il y réalisera des «paysages du Massachusetts témoignant d’une réelle poésie, inattendue chez lui». Le Suisse Félix Valloton (1865-1925), lui aussi, réalise des gravures engagées socialement et des paysages. Plus proche de nous dans le temps, Martial Leiter, dont les dessins politiques ont marqué la presse romande dans les années 70 et dont les paysages sont aujourd’hui tout aussi interpellants, comme ceux d’ailleurs de Mix & Remix.




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