La possibilité d’une île: Bora Bora

Stephan Engler

Par Stephan Engler · Publié le 3 mai 2020 · 2 min de lecture

La possibilité d’une île: Bora Bora
Vue du mont Otemanu depuis la baie Faanui. - © Stephan Engler

Ah, larguer les amarres, partir au large… en cet étrange printemps 2020, la fringale d’ailleurs azurés est mise à rude épreuve. Pour nous faire patienter, le photographe Stephan Engler nous ouvre son album de voyages au chapitre « îles lointaines».

C’est dans l’archipel de la Société en Polynésie française que se situe la célèbre île de Bora Bora. Son nom en tahitien est Pora Pora ce qui signifie «première née», mais dans les temps anciens elle portait le nom de Vavau, comme le mythique navigateur polynésien. Les premiers habitants de cette île accostèrent au IXème siècle, bien avant l’arrivée du capitaine Cook en 1769. D’une surface modeste, l’île principale mesure huit kilomètres du nord au sud et cinq d’est en ouest.


Lire aussi: La possibilité d’une île, Mahé


L’histoire de Bora Bora navigue entre légende et réalité. Au commencement, le premier roi de l’île fut Firiamata o Vavau, grand navigateur et guerrier invincible, né des amours d’une pierre et d’une falaise. Ensuite, des siècles durant, des guerres intestines vont se succéder, mettant aux prises les tribus des trois grands districts de Nunue, Faanui et Anau. Cette époque prit fin par l’annexion de l’île en 1888 par la France. La dernière reine de Bora Bora fut Teariimaevarua III (1871-1932), membre de la dynastie des Pomare. 

L’idéal pour découvrir cette destination mythique est une arrivée par bateau, comme les navigateurs polynésiens. Au fil de l’approche, l’île se détache lentement de l’horizon. Elle est facilement reconnaissable par la silhouette unique due au Mont Otemanu qui culmine à 727 mètres. Au pied de celui-ci, selon les croyances à l’ombre d’un mape (châtaignier tahitien), s’écoule la source Te vaipani où se baignaient les reines de l’île. 

L’arrivée se fait par la grande passe Te-ava-nui, jadis empruntée par les Va’a, pirogues traditionnelles polynésiennes. Afin de faire revivre ces traditions, en 1992 fut créé la compétition Hawaiki nui Va’a, la plus difficile des courses de pirogues. Les concurrents principalement polynésiens naviguent dans leur Va’a à balancier et empruntent les routes maritimes séculaires des îles Sous-le-Vent. Lors de la dernière étape qui relie Tahaa à Bora-Bora, les meilleures parcourent la distance de cinquante-huit kilomètres, sans changement d’équipage, en un peu plus de quatre heures! L’arrivée s’effectue sur la plage de Matira située à la pointe sud de l’île. L’évènement fait battre le cœur de tous les Polynésiens, les pieds dans l’eau dans l’attente des premières pirogues.        

Quel spectacle d’assister à l’arrivée des Va’a volant littéralement sur l’océan translucide, s’arrêtant au milieu du public enthousiaste chargé de collier de fleurs.

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