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La fermeture de l’USAID, une chance pour l’Afrique?

Catherine Morand

Par Catherine Morand · Publié le 14 février 2025 · 5 min de lecture

Le continent africain est le premier bénéficiaire de l’aide au développement des Etats-Unis. Pourtant, sur les réseaux sociaux, les internautes africains semblent se réjouir de la fermeture de l’USAID décidée par Donald Trump. Ils y voient un encouragement à compter davantage sur leurs propres ressources plutôt que sur une aide extérieure qui n'est en réalité jamais gratuite.

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«La corruption chez USAID a atteint des niveaux jamais vus. Il faut la supprimer!», dit Trump. «L’USAID est une organisation criminelle, un nid de vipères de marxistes radicaux de gauche qui détestent l’Amérique», dit Musk. Tels des Dupont-Dupond 2.0 et leur fameux «je dirais même plus», les deux hommes les plus puissants des Etats-Unis font trembler la planète à chacune de leur punchline, tout en nuances. Une de leurs premières cibles fut donc cette Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), une institution fondée en 1961 sous la présidence de John Kennedy. Aujourd’hui, ce véritable mastodonte doté d’un budget de 65 milliards de dollars en 2023, soit 0,3% du PIB des USA, gère des programmes d’«aide» dans 120 pays, dans tous les secteurs – même si la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, n’a mentionné que deux exemples de «dépenses insensées» correspondant aux fantasmes de Trump: 1,5 million de dollars qui servirait à promouvoir la diversité au travail en Serbie et 17 000 dollars pour un opéra transgenre en Colombie.

Parmi la batterie de décrets signés lors de grotesques mises en scène à la Maison-Blanche, celui concernant l’USAID, aussi radical que controversé, a provoqué une déflagration dans le monde entier. Il ordonne une «pause de 90 jours pendant laquelle l’efficacité des programmes et leur cohérence avec la politique étrangère américaine vont être évaluées». Avec, à la clé, une réduction drastique des dépenses et une mise au pas, selon des critères idéologiques, des quelque 10 000 employés. Son siège à Washington ainsi que l’ensemble de ses agences dans le monde sont fermés, son site internet n’est plus qu’une page vide, du jamais vu… La Genève internationale est ébranlée, des ONG licencient préventivement leur personnel, prédisent l’apocalypse pour les populations les plus vulnérables; d’autres optent pour un silence prudent, tout en tentant de plaider leur cause pour éviter la banqueroute. 

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