Réservé aux abonnés

La bande à Spinoza

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 5 décembre 2017 · 7 min de lecture

La bande à Spinoza
Baruch Spinoza. - © DR

Oui, c’est en bande que le philosophe conçu une philosophie de la joie et une doctrine de la liberté. Sous une forme romanesque, un livre relate cette aventure, qui a pour cadre Amsterdam et pour époque le XVIIe siècle. Quand la philosophie se lit comme un roman.

Le philosophe Baruch Spinoza a été remis au goût du jour – indépendamment de sa volonté – par le fringuant et actuel président de la République française, Emmanuel Macron. C’est en effet au philosophe d’origine juive que le «Jupiter» français a emprunté sa formule «les passions tristes», celles de ses opposants qu’il adore pointer du doigt, leur opposant ses «passions joyeuses» à lui.

Mais qui était Spinoza? Un ouvrage vient de paraître qui nous en dit plus, beaucoup plus sur le philosophe. Suivant les destins capricieux des familles, des amours, des amitiés et des idées, Le Clan Spinoza, livre foisonnant, original et palpitant, dessine la figure inédite d’un penseur mondain, bien ancré dans le réel de son temps, et mobilise toutes les ressources du roman pour faire renaître le monde dans lequel a vécu le théoricien, au XVIIe siècle, entre Amsterdam et La Haye, dans cette Europe qui a assisté à l’avènement de la Raison Moderne.

L’ouvrage célèbre principalement les aventures de ceux qui partirent à la conquête de la liberté, hommes et femmes oubliés par l’Histoire, pour ce qui est de la plupart d’entre eux, pourtant si hauts en couleurs. Saül Levi Morteira, le grand rabbin de la communauté juive d’Amsterdam, Adriaen Koerbagh, un encyclopédiste en avance d’un siècle sur son temps, Franciscus Van den Enden, un activiste forcené, Nicolas Sténon, un anatomiste de génie, Sabbataï Tsevi, le génial nouveau Messie des Juifs et tant d’autres encore… Maxime Rovere, jeune philosophe contemporain, mobilise toutes les ressources du romanesque pour faire renaître le merveilleux et riche XVIIe siècle à Amsterdam et la passionnante existence de l’un de ses penseurs phares.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

«Le rire n’a jamais été totalement libre»

CultureArticle

«Le rire n’a jamais été totalement libre»

Le rire occupe une place paradoxale dans les sociétés humaines. Il est à la fois profondément ancré dans notre nature et régulièrement surveillé et cadré. Voilà la retranscription d’un extrait de l’entretien que Rémy Watremez a accordé à «Antithèse». S’appuyant notamment sur les analyses d’Henri Bergson, abordant les polémiques autour de Blanche Gardin ou Dieudonné, il explore ce que le rire révèle de notre humanité, et aussi les tensions qu’il suscite aujourd’hui dans l’espace public.

Rémy Watremez

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

CultureArticle

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

A l’été 2009, la star disparue fin décembre répondait par écrit à une invitation du festival de philosophie que j’organisais à Saint-Maurice sur le thème de l’homme et l’animal. Ces courriers manuscrits, publiés pour la première fois, révèlent la cohérence intime d’un choix de vie radical et souvent incompris, ainsi qu’un geste de profonde humanité.

Guy Mettan

«L’actualité, c’est comme la vitrine d’une grande quincaillerie…»

CultureArticle

«L’actualité, c’est comme la vitrine d’une grande quincaillerie…»

Pendant de nombreuses années, les lecteurs et les lectrices du «Matin Dimanche» ont eu droit, entre des éléments d’actualité et de nombreuses pages de publicité, à une chronique «décalée», celle de Christophe Gallaz. Comme un accident hebdomadaire dans une machinerie bien huilée. Aujourd’hui, les Editions Antipode publient «Au creux du monde», un recueil de chroniques parues dans le journal romand mais aussi dans d’autres publications. Rencontre.

Patrick Morier-Genoud