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L’amour au temps du SMS

Lucas Vuilleumier

Par Lucas Vuilleumier · Publié le 22 décembre 2017 · 4 min de lecture

L’amour au temps du SMS
Dans «L’art de la guerre 2», proposition moderne d’une suite l’ouvrage de Sun Tzu ayant posé les bases, il y a 1500 ans, d’une stratégie où la ruse est l’arme secrète pour faire capituler l’ennemi, Sophie-Marie Larrouy donne le manuel de survie dans une société de la lutte des sexes. - © Laura Gilli

Avec «L’Art de la guerre 2», la comédienne et auteure Sophie-Marie Larrouy donne un manuel de survie amoureuse dans le monde consumériste et un peu vidé de son sens qu’affrontent les trentenaires d’aujourd’hui. Du Nicole de Buron pour millennials.

Sommaire

C’est l’histoire d’une génération. Une histoire intime par le trou de la serrure d’une chambre de fillette puis d’adolescente, dans un foyer moyen où l’on écoute moins France Inter que RTL. Le destin minuscule d’une fille survitaminée qui accepte son existence tout en rejetant les incohérences d’un monde avec lequel il faudra tout de même s’accommoder. Même si le point de départ est dans un «bled pourri» en Alsace. Même si la smala de la narratrice, qui voit souvent rouge, n’a pas de maison de vacances à l’île d’Yeu et regarde Maguy le dimanche soir à la télé.

Lâchetés ordinaires

Dans «L’art de la guerre 2», proposition moderne d’une suite l’ouvrage de Sun Tzu, militaire chinois ayant posé les bases, il y a 1500 ans, d’une stratégie où la ruse est l’arme secrète pour faire capituler l’ennemi, Sophie-Marie Larrouy donne le manuel de survie dans une société de la lutte des sexes. La comédienne de 34 ans, connue pour ses vidéos humoristiques où elle cartographie les petites lâchetés ordinaires du mâle en milieu urbain, a déjà un one man show derrière elle et quelques ouvrages où la futilité, assumée, a toujours un double fond de subtilité. Après Le foot expliqué aux filles, à ma mère et à Didier Deschamps ou Comment ne pas devenir un vieux con, elle propose, avec ce roman sacrément bien fichu, une exploration sensible et plus que jamais alerte des tracas d’une jeunesse qui n’a pas connu la guerre mais frémit quand l’attentat fait rage, se retranchant dans des studettes où enchaîner les clopes devant BFM TV. Une jeunesse désertée par les idéaux, mais qui n’est pas tout à fait convertie au vide cruel de la société de consommation, puisque le nouveau goût de ce monde ne passe pas.

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