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«Je n’ai pas grandi dans un ghetto, j’en suis reconnaissant au Jura et à la Suisse»

Antoine Menusier

Par Antoine Menusier · Publié le 14 décembre 2020 · 20 min de lecture

«Je n’ai pas grandi dans un ghetto, j’en suis reconnaissant au Jura et à la Suisse»
Antonio Rodriguez, adolescent, dans une rue de Porrentruy. - © Privé

Il a d’abord été correspondant de l’Agence télégraphique suisse à Neuchâtel. Puis de l’Agence France Presse à Montevideo, en Uruguay, suivi d’un poste à Washington au sein de la même maison. Il est aujourd’hui basé au siège, à Paris. Le Jurassien Antonio Rodriguez, né en 1966 à Delémont de parents venus de Galice en Espagne, a une pensée pour eux en découvrant, du «Figaro» à «Paris Match», le bon accueil réservé aux «Larmes de ma vigne», témoignage à vif d’un vigneron chablisien adepte de la production biologique, auquel il prête une plume toute ramuzienne.

Sommaire

Avant de plonger dans les heurs et malheurs de la viticulture bio, Antonio Rodriguez a écrit deux précédents ouvrages: l’un sur l’ancien ministre Arnaud Montebourg, «L’alternative Montebourg», l’autre sur un chef pompier de Saône-et-Loire, Romain Comte, «L’appel des sirènes». Marié, père de deux filles, celui qui d’habitude se retranche dans l’anonymat du journaliste agencier, raconte ici son beau parcours, de son enfance delémontaine au temps des initiatives Schwarzenbach et du combat jurassien, à sa vie d’adulte, livrant des souvenirs émus ou drôles, donnant sa vision, «à titre personnel», de la politique et de l’économie. Interview d’un ami d’école.  

Tes trois livres nous parlent d’une France de l’intérieur, travailleuse, volontaire, modeste. Pourquoi t’es-tu intéressé à cette France-là?

Les notions de travail, de courage et d’engagement sont importantes à mes yeux. Dans la chronologie de ces trois livres, il y a une évolution et un changement de perspective entre le premier d’entre eux, «L’alternative Montebourg», paru en 2016, et les deux suivants, dédiés à des individus placés à l’écart des projecteurs, le chef pompier Romain Comte et le viticulteur Denis Pommier, auquel il faut associer sa femme Isabelle. Le livre sur Montebourg, avec les cas épineux des hauts-fourneaux en Moselle et du groupe Alstom à Belfort, a été pour moi une façon de me jeter à l’eau comme journaliste. Une fois terminé, je me suis rendu compte que j’avais écrit un livre épousant un schéma classique en France, quelque chose partant de Paris pour aller en province. Une façon de parler des gens de haut en bas.

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