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Isamu Noguchi, périple politique

Par Véronique Zbinden · Publié le 25 novembre 2022 · 7 min de lecture

Isamu Noguchi, périple politique
Isamu Noguchi Play Sculpture, ca. 1965, fabriqué en 2017 Acier et couleur 112,7 × 261,6 × 261,6 cm. Photo: Nicholas Knight/The Noguchi Museum Archives © INFGM / 2021, ProLitteris, Zurich

Le Centre Paul Klee (ZPK) de Berne consacre jusqu’au 8  janvier 2023 une exposition exhaustive à Isamu Noguchi. L’artiste, qui se considérait comme un citoyen du monde, lui qui n’a cessé de voyager tout au long de sa vie, laisse entrevoir une œuvre féconde, interdisciplinaire et radicale.

Sommaire

Pour beaucoup Isamu Noguchi (1904-1988) n’est autre que le génie de la lampe Akari: sculptures lumineuses, lanternes poétiques défiant l’apesanteur, assemblées à la main avec une simplicité déconcertante en mélangeant papier, bambou et métal. Produits pour la première fois en 1952 – et édités par Vitra – ces luminaires font encore aujourd’hui s’émerveiller les amateurs de design. Mais Isamu Noguchi ne se laisse pas résumer par son œuvre la plus connue. Le sculpteur et designer américano-japonais a en effet toujours pratiqué une approche interdisciplinaire de l’art. Il a sculpté, bien sûr, mais il a également peint, conçu des meubles, imaginé des jardins et des aires de jeu pour enfants (lire ci-dessous), composé des décors de théâtre et tant d’autres formes créatives.

Un univers qui brouille complètement les frontières entre art et design – on lui doit aussi bien des sculptures sur marbre que le design d’un des tout premiers babyphones, en 1937 – et qui se rit joyeusement des règles et des querelles de clocher.

«Isamu Noguchi compte parmi les créateurs les plus expérimentaux du XXème  siècle. Il est l’un des plus importants sculpteurs et designers des Etats-Unis», résume la commissaire d’exposition Fabienne Eggelhöfer, qui souligne que le ZPK (Zentrum Paul Klee) a conçu cette exposition avec le Barbican de Londres, le Museum Ludwig de Cologne et avec la participation du LaM, le Musée d’art moderne de Lille. Insaisissable, Noguchi s’est notamment inspiré des cultures anciennes asiatiques, des jardins japonais, d’un site astronomique en Inde mais aussi d’art abstrait et de surréalisme.

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