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Initiative de l’UDC: n’abandonnons pas le peuple aux populistes

Denis Masmejan

Par Denis Masmejan · Publié le 20 novembre 2018 · 7 min de lecture

Initiative de l’UDC: n’abandonnons pas le peuple aux populistes
Fontaine de la justice à Neuchâtel - © DR

Au-delà des débats juridiques souvent confus auxquels elle donne lieu, l'initiative de l'UDC dite «le droit suisse au lieu de juges étrangers» pose des questions de fond sur la démocratie directe. La réponse qui y sera apportée dimanche aura un impact considérable. Elle indiquera la voie que la Suisse suivra ces prochaines années, plus ou moins proche de l'Europe, plus ou moins distante du chemin nationaliste et conservateur vers lequel tendent désormais, en Occident, des forces toujours plus actives dans des pays toujours plus nombreux. Ne laissons pas l'UDC prendre la souveraineté populaire en otage!

Sommaire

Curieuse ambiance à quelques jours de la votation populaire sur l’initiative de l’UDC «le droit suisse au lieu de juges étrangers». Les deux camps continuent d’argumenter avec frénésie. Alors même que les sondages donnent le non-gagnant, les adversaires semblent redouter le scénario du vote sur les minarets (2009), où les sondages prédisaient aussi l’échec de l’initiative. En 2014 également, lors du scrutin sur l’immigration de masse, la tendance n’avait commencé à évoluer en faveur du oui que peu avant la votation.

Les partisans du rejet semblent désécurisés par la stratégie de campagne de l’UDC. Un style nettement plus modéré que d’ordinaire, des arguments plus techniques aussi. Avec, à la clé, une efficacité qui n’en semble pas moins redoutable. Dimanche prochain, tout le monde prévoit que le résultat sera serré.

«Quand le peuple a parlé, il doit être obéi»

Les défenseurs des droits de l’homme s’étaient préparés à en découdre avec une argumentation tranchée. Pour eux, le scrutin allait être un vote pour ou contre les droits fondamentaux. Las, l’UDC a largement évité le combat sur ce terrain. La Convention européenne des droits de l’homme? Nous ne la remettons pas en cause, assurent, la bouche en cœur toutes les voix du parti. Vrai ou faux, c’est évidemment une autre histoire, mais cela a permis à l’UDC de mener sa campagne pratiquement sur un seul front: celui de la démocratie directe et de la souveraineté populaire.

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