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Fragiles démocraties

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 27 novembre 2019 · 5 min de lecture

Fragiles démocraties
Banderole sur la place Tahrir (Le Caire, Egypte): "Le peuple exige la suppression du régime", février 2011. - Domaine public - travail personnel - Wikimedia Commons

Plus une démocratie est solide, moins elle est populaire. C’est, en deux mots, le constat d’une étude britannique publiée ce mois-ci et relayée par plusieurs médias internationaux. Un constat, mais aussi un avertissement, à l’heure où nous traversons en Occident une crise de la représentation politique.

Sommaire

L’une des idées les plus confortables, et les moins remises en question dans nos sociétés occidentales, est que la démocratie se bonifie avec le temps. Une fois installé, le régime «le moins mauvais d’entre tous», selon le mot célèbre d’Aristote, serait à peu près indéboulonnable. Plus ce dernier est un acquis de longue date, plus ses citoyens y seraient favorables, le soutiennent, de sorte que la démocratie, comme l’univers, se trouverait engagée sur la voie d’une extension infinie. 

Le confort intellectuel est un danger. Christopher Claassen, politologue et chercheur à l’université de Glasgow, s’est emparé de cette idée reçue, pour démontrer à la fois sa fragilité et le péril auquel elle expose nos propres démocraties. Pour son étude, publiée dans l’American Political Science Review, il a mis au point un indice de mesure du «sentiment favorable à la démocratie» («democratic mood» en anglais) et l’a appliqué, avec des ajustements, à 135 pays, des années 1990 à nos jours. Il prend en compte les chiffres de participation aux élections, le nombre d’inscrits sur les listes électorales, la part des femmes et des minorités dans ces chiffres, l’émergence et la popularité de partis politiques ou d’idées réactionnaires, anti-démocratiques, autoritaires ou extrémistes, l’image des journalistes auprès de la population et sa confiance en les médias. 

A ces résultats, il a superposé des données concernant les Etats, à l’aide de critères permettant d’évaluer leur «degré de démocratie»: la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la protection des droits fondamentaux, la liberté de la presse, le respect des minorités, la validité des élections…

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