Ce que la crise en Pologne dit à l’Europe


L’affrontement entre le premier ministre et le président polonais est si rocambolesque qu’il n’a guère inquiété au-delà de ce pays. À tort. La question se pose ailleurs : lorsqu’un parti au pouvoir désigne l’opposition comme l’ennemie à abattre par tous les moyens, le clash est inévitable. Avec de fâcheuses conséquences.
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Rappel. Le 30 octobre dernier, Donald Tusk, premier ministre, a voulu forcer l’entrée au Tribunal constitutionnel des juges de son camp, déloger le président et le remplacer. Manu militari. Entourant le bâtiment en pleine nuit par la police. Karol Nawrocki, le président de la République, du parti opposé, a fait demi-tour dare-dare alors qu’il s’envolait pour le Sénégal et s’est imposé sur les lieux.
Il résume ainsi la situation : « Par une décision purement politique, le gouvernement a tenté de s’emparer illégalement du Tribunal constitutionnel. On a tenté de le faire en profitant de mon absence du territoire national. Le gouvernement a délibérément choisi la nuit précédant un jour si sacré pour les Polonais, la Toussaint, pour introduire de force au Tribunal des personnes qui se prétendent juges mais qui, au regard du droit, ne le sont pas. »
Un tribunal discrédité
En fait Tusk voulait remplacer 8 juges sur 15. Trois d’entre eux seulement avaient reçu l’aval de Nawrocki qui tenait à maintenir en place le président du tribunal, élu quand le parti PiS était au pouvoir (jusqu’en 2023), avec un mandat de neuf ans. Celui-ci n’y a plus accès et une magistrate choisie par la majorité actuelle a pris sa place.


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