EXCLUSIF: Après Lyhanna, la France face à une nouvelle affaire de viol étouffée

Quelque 160’000 mineurs sont victimes de viol et/ou d’inceste en France chaque année. © Pexels
Nina, jeune Lyonnaise de 15 ans, a lancé un appel à l’aide urgent le 10 août au Comité international pour la dignité de l’enfant (CIDE) à Lausanne (Suisse) après avoir pris la fuite de chez son père qu’elle accuse d’inceste depuis 2020, quand elle avait neuf ans. Une juge des enfants avait donné la garde exclusive de Nina au géniteur en 2025. Le 14 août, la petite se trouvait toujours en lieu sûr, assure le CIDE. Son père possède de nombreuses armes à feu chez lui, et l’a déjà menacée de mort, m’a-t-elle assuré.
« J’ai été à nouveau violée par mon père le 1er août pendant les vacances dans le Sud, et si la justice me renvoie chez lui, je mettrai fin à mes jours », m’a affirmé Nina dans un appel téléphonique en ma qualité de correspondant du CIDE en France. Ce nouvel acte incestueux a eu lieu selon ses dires dans un village, loin d’une gendarmerie et d’un hôpital. Sans argent, elle n’avait pu s’y rendre pour des examens médicaux et témoigner devant les autorités.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le CIDE a demandé le 12 août aux autorités françaises « que sa sécurité et sa protection soient assurées sans délai et que sa parole puisse être recueillie dans des conditions garantissant sa sécurité ».
Après Lyhanna, un nouveau scandale d’État ?
Le drame de l’inceste et du viol d’enfants en France, où 160’000 mineurs en sont victimes chaque année, avait de nouveau fait la Une de la presse en juin dernier après le viol et le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, par un pédocriminel en série, Jérôme Barella, jamais mis en garde à vue ni détenu malgré sept plaintes contre lui pour agressions sexuelles sur des enfants.
Ce « scandale d’État », ainsi qualifié par des médias, a mis sens dessus dessous le pouvoir. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et son homologue de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ont engagé des enquêtes immédiates et relevé de graves manquements de la gendarmerie et de la justice, sans procéder à des sanctions définitives. Deux gendarmes ont été « mutés » ailleurs, et un vice-procureur a été suspendu provisoirement.
La vindicte populaire a conduit le garde des Sceaux à ordonner en juin une révision des plaintes en cours par des enfants victimes par tous les procureurs français avant le 14 juillet. Quelque 88’000 cas non instruits ont été découverts, mais moins de mille ont déclenché des poursuites contre les auteurs. Devant la levée de boucliers face à cette impunité, les députés ont engagé en urgence un débat pour une nouvelle loi sur la protection de l’enfance.
Le texte a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 21 juillet, mais a laissé sur leur faim les militants de l’enfance en danger. Seules ont été votées l’imprescriptibilité pour le viol de mineurs, une ordonnance de sûreté pour les enfants aux contours mal définis, et la réclusion à vie pour les auteurs de viols en série, malgré le rejet de l’amendement sur la perpétuité par les députés d’extrême gauche, de gauche et les écologistes.
Une circulaire de l’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, le 30 mai 2021, avait ordonné aux procureurs et enquêteurs d’alléger les « stocks » de plainte en les jetant dans la déchiqueteuse à papier.
Jacques Thomet
Un nouveau coup de théâtre a mis le feu aux poudres entre la justice et les forces de l’ordre le 7 août. Un rapport confidentiel du ministre de la Justice publié par le quotidien « Le Monde » y accable l’incurie générale des enquêteurs dans la police et la gendarmerie en France. Il a été transmis au ministre de l’Intérieur par son homologue des Sceaux.
Les déficiences signalées, au-delà des manques de moyens, sont identiques à celles de l’affaire Lyhanna : « priorisation incertaine ou inexistante », enquêtes « en déshérence », investissement professionnel « parfois insuffisant, y compris dans les unités spécialisées », enquêteurs « peu ou mal formés ». Ces termes servent d’euphémismes pour « laisser-aller », « paresse », « abandon d’enquête », et « incompétence ».
J’en avais dénoncé la gravité dans mon livre autoédité en décembre 2025 Les prédateurs – Enquête sur le rapt de 80’000 enfants. Ces carences concernaient tous les dossiers en cours dans cet ouvrage. Le ministre Gérald Darmanin en a reçu la liste en urgence, avec mon livre, mais ne m’a jamais répondu. Le drame de Nina y était soulevé.
Une révélation de mon livre n’a jamais été relevée par les médias. Une circulaire de l’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, le 30 mai 2021, avait ordonné aux procureurs et enquêteurs d’alléger les « stocks » de plainte en les jetant dans la déchiqueteuse à papier. Elle a même été appliquée par les procureurs, comme celui de Melun, et les deux principaux syndicats de magistrats ont avoué dans un média qu’ils y avaient déjà recours.
Affaire Nina : trois fugues en 2026
Dans le dossier de Nina, toutes les plaintes et signalements ont été classés sans suite ou ignorés par la police et les magistrats de Lyon depuis son audition « Mélanie »[1] du 10 juillet 2020 au commissariat local. Le CIDE avait alors dénoncé ce « violent interrogatoire » par deux policiers de Lyon en tenue.
Sa plainte a été classée sans suite malgré le maintien de ses accusations. Aucune perquisition n’a eu lieu chez le père, malgré les indications de l’enfant alors âgée de 9 ans sur la cachette où le père avait dissimulé les cartes-puces des vidéos sur ses viols avec des complices.
Nina, qui aura 16 ans en novembre 2026, en est à sa troisième fugue cette année. La précédente est arrivée le 5 juillet. Elle est alors hospitalisée à Grenoble après s’être scarifiée, et y a renouvelé devant les médecins ses accusations d’inceste paternel commis entre ses 6 et 9 ans. Malgré le signalement des médecins sur ses confessions, le père obtient de la juge lyonnaise des enfants qu’elle soit transférée à l’hôpital de Lyon, où elle a confirmé ses dires contre le géniteur, avant de lui être remise malgré un autre signalement de l’équipe médicale.
Le drame de Nina illustre jusqu’à la monstruosité toutes les entorses judiciaires en cours en France, au civil et au pénal, à la Convention internationale sur les droits de l’enfant signée en 1989.
Jacques Thomet
Le 20 juillet 2026, Nina a été à nouveau auditionnée par la police de Lyon pour sa première fugue de cette année, survenue en mars 2026. La mère de son amie, chez qui elle avait trouvé refuge, avait alors signalé par écrit à la police les accusations de Nina contre l’inceste paternel. L’officier de police a fait un compte-rendu aux parents de cet entretien de juillet, effectué quatre mois après les faits, dont j’ai la copie.
La jeune fille n’y a pas été filmée, « une audition Mélanie n’étant pas nécessaire » selon l’officier. L’entretien a été mené sans la présence d’une policière à sa place, car cela aurait été de la « discrimination ». Il lui a demandé « si oui ou non son père l’avait violée », ce qui contrevient à toutes les exigences de non-induction avec une petite victime.
Devant la négation de Nina, même si elle a avoué, selon lui, subir des « flashes et se dissocier », le policier a annoncé « l’archivage du dossier », soit un classement sans suite.
Il a reconnu que ses collègues auteurs de l’interrogatoire musclé du 10 juillet 2020 « n’étaient pas formés ». La jeune fille a ensuite assuré à sa mère qu’elle avait dû signer sa déposition sans pouvoir la relire. Lors de cet entretien du 20 juillet, Nina n’a pu confirmer ses dires : la présence de son père dans le bureau voisin l’a « terrorisée et empêchée de parler par crainte de représailles ». Le policier a alors remis la victime présumée à son père.
Une série d’éléments explosifs
Le dossier Nina contient une série d’éléments explosifs. « Dans ce que tu racontes y a plein de mensonges, y a plein d’inventions » : ces paroles agressives, et bien d’autres, ont été prononcées le 10 juillet 2020 par un officier de police à Lyon pendant l’audition de Nina, de 55 minutes et 12 secondes, transformée en interrogatoire. J’en possède la vidéo officielle.
Trois jours plus tard, la plainte a été classée sans suite. L’enfant a été malmenée, éreintée d’agressions verbales, sans une seconde de répit, ni verre d’eau, comme en témoigne le procès-verbal des policiers, et davantage l’enregistrement audio-visuel. Jamais le Raid n’est intervenu chez le papa comme annoncé précédemment par un gendarme.
Le drame de Nina illustre jusqu’à la monstruosité toutes les entorses judiciaires en cours en France, au civil et au pénal, à la Convention internationale sur les droits de l’enfant signée en 1989.
En 2019, la parole se libère
Après la séparation de ses parents en 2014, Nina alterne les séjours chez son père et sa mère après un accord amical de garde alternée. Jusqu’en 2018, ces échanges se réalisaient dans l’harmonie. Mais cette année-là, Nina commence à souffrir de violents cauchemars à connotation sexuelle.
Détectée deux ans plus tôt avec un HPI (haut potentiel intellectuel), la fillette révèle alors le 9 mai 2019 à sa grand-mère que son père « l’avait touchée et que ça lui faisait mal ». Ça devait être un secret entre elles. Nina n’avait jamais osé en parler à sa mère. Dès le 13 mai 2019, la mère porte plainte pour agressions sexuelles sur sa fille à la gendarmerie. À cet instant, elle est loin d’imaginer les conséquences d’une décision pourtant justifiée.
La perturbation mentale de Nina a pris une telle ampleur au fil des mois que sa pédopsychiatre a déjà déposé une information préoccupante. « Elle est exposée à un environnement inadapté à son âge et dont elle n’est pas protégée », écrit-elle le 7 mai 2019. Le directeur de l’école a émis un signalement au même moment. Une psychologue constate à son tour les symptômes suivants chez l’enfant : « Repli sur soi, idées suicidaires, troubles du sommeil importants, voix régressée de petite fille (NDLR : symptôme post-traumatique fréquent), phobie scolaire partielle. » La maman dépose alors une demande d’assistance éducative.
Lors de son dépôt de plainte à la gendarmerie, la maman va confirmer les dires de sa fille à la grand-mère sur les attouchements, et révéler une confession de la petite : « Elle m’a dit que son père lui avait fait mal à la nénette lors d’une toilette. Mais elle avait mimé des gestes qui ne laissaient aucun doute. Elle me faisait des vulvo-vaginites à chaque retour de chez lui. Bref, les signes étaient déjà bien là », m’a-t-elle confié.
Mais la maman est d’abord interrogée, étrangement, sur ses relations intimes avec son ex-compagnon. Elle révèle les viols en série de son mari, les leçons d’érotisme à apprendre « sur internet » pour la prochaine nuit, la liste des armes possédées par le père, et son propre refus de porter plainte pour viol. « J’avais une très haute image de la famille, et je ne voulais pas salir (aux yeux de Nina) l’image de son père », dit-elle dans sa déposition. Le jour de l’accouchement de Nina, il avait même essayé, en vain, de parvenir à ses fins : « Je souffrais terriblement. En pleine nuit, à l’hôpital, je me suis levée pour prendre une douche. Là il est arrivé nu dans la douche et a dit “quitte à avoir mal et être nue, autant en profiter”. J’étais tellement choquée, j’ai réussi à le repousser. »
Deux mois avant son audition à la gendarmerie, la maman a vu la santé de Nina se dégrader. « Elle ne cessait de me répéter qu’elle voulait mourir », précise-t-elle, avant d’évoquer le « mauvais souvenir » de son audition à la gendarmerie : « Ils ont tout de suite insinué que je “cherchais la petite bête”, que je voulais “faire ch… le papa”. Pour eux, ce fut leur expression, le père aurait eu un “geste maladroit” en lavant Nina dans la douche… ».
La petite sera interrogée par les gendarmes. « Nina a eu droit à une audition Mélanie, mais par des agents en uniforme ! Dans de telles conditions, elle ne leur a rien confirmé sur les actes paternels subis », signale la maman.
Un classement sans suite, puis l’engrenage judiciaire
Le 11 septembre 2019, la plainte de la mère est classée sans suite. Dans les mois suivants, Nina apporte des précisions à sa mère sur la conduite anormale de son père lorsqu’elle prend sa douche, pendant ses visites alternées chez lui. Elle lui assure qu’il la filme depuis un trou dans le mur. Sans rien dire, elle colle désormais le rideau de la salle de bains au trou pour mettre fin à cette pratique. Mais deux mois plus tard, le scénario s’accélère dans une descente aux enfers. Le père rentre désormais dans sa douche et « lui met les doigts dans sa nénette », selon elle. Sa nouvelle compagne l’imite, toujours avec l’index et le majeur. « J’avais mal, elle avait de faux ongles interminables », dit la fillette. Autrement dit, ils ont pratiqué une pénétration digitale, soit un crime selon le Code pénal.
Depuis ses révélations, la fillette refuse de reprendre les visites alternées chez son père, s’enferme en hurlant dans la voiture quand sa mère la conduit à son domicile.
Le 22 novembre 2019, une mesure judiciaire d’investigation éducative (Mjie) est ordonnée par le juge des enfants à la suite de la demande maternelle. Mais au printemps 2020, les événements se précipitent. Nina fait de nouvelles révélations à sa mère : les viols de son père en compagnie d’autres adultes, l’enregistrement diffusé ensuite sur des sites pédopornographiques, et la cachette pour entreposer les cartes à puce des vidéos. La maman se précipite alors à la police de Lyon avec sa fille pour porter plainte le 1er puis le 10 juillet, jour de « l’interrogatoire » de la petite victime.
L’intervention du juge des enfants saisi en 2020 par la maman pour la protection de sa fille allait provoquer un enchaînement de turbulences. Un médecin certifie l’existence d’un « inconfort et un mal-être, des manifestations anxieuses, avec propos suicidaires chez elle à l’idée d’être séparée au quotidien de sa mère ». L’audience devant le juge des enfants, le 14 décembre 2020, aura joué un rôle capital dans la suite des événements. Nina y exprime ses angoisses de ne pas être crue et sa hantise d’un placement à l’ASE.
Le père accuse la mère « d’aliénation parentale », un concept inventé par le psychiatre américain Richard Gardner, par ailleurs critiqué pour ses positions relatives à la pédophilie. Le juge Giovanni Vullo ordonne le placement de la fillette à l’ASE pour un an, afin « de permettre également la reprise d’un lien père-fille dans un cadre médiatisé ».
« Maman, si on me place, je me tue ! » s’écrie la fillette. Elle ne cessera de répéter ses menaces. Un signalement est effectué par l’association L’Enfant Bleu le 18 décembre 2020 auprès du procureur. La maman interjette appel de la décision de placement le 23 décembre, et alerte le président de la cour d’appel de Lyon sur l’urgence de la situation par courrier du 24 décembre.
Fuite en Espagne
Face au silence de l’autorité judiciaire, la maman prend la décision qu’ont endossée et continuent d’imiter des mères désenfantées dans le désespoir : elle prend la fuite en voiture vers l’Espagne le 4 janvier 2021 avec sa fille et son nouveau mari. Nina suit ses cours scolaires, en son nom propre, avec le Centre national de l’éducation à distance (Cned), fait du cheval, et maintient tous les quinze jours en audiovisuel son suivi avec sa psychologue française.
Quinze mois ont vite passé dans l’appartement Airbnb au sud de l’Espagne. Nina a besoin de lunettes, mais surtout de revoir sa famille. Elle a le mal du pays malgré les nouveaux amis qu’elle s’est forgés. Le trio reprend la route vers la frontière française. Mais ils sont déjà repérés par un appel téléphonique et un colis adressé en Espagne par la grand-mère.
Le 12 avril 2022, ils sont dans l’Isère depuis deux jours. La route est coupée devant eux par les forces de l’ordre. Quinze policiers les interceptent sur un parking. Ils arrêtent le couple, saisissent Nina chez sa tante, et interpellent la grand-mère chez son autre fille.
« Je n’ai jamais plié devant eux, pour autant ils sont parvenus à me soumettre, en mettant en avant le bien-être de ma fille »
Mère de Nina
Le lendemain, le couple est mis en examen pour soustraction d’enfant par ascendant et placé sous contrôle judiciaire avec retrait des passeports. La maman reçoit une « interdiction d’entrer en relation avec la victime de l’infraction : Nina ». Devant le juge d’instruction, elle invoque « l’état de nécessité » face au danger représenté par le père, cite les menaces réitérées de sa fille de mettre fin à ses jours et le choix de la petite : « être hors-la-loi plutôt que de se tuer si elle allait dans un foyer », mais rien n’attendrit la magistrate.
La mère perd l’exercice de son autorité parentale et n’a plus droit qu’à des visites médiatisées avec sa fille placée dans un lieu « d’abord tenu secret ». La juge aux affaires familiales Catherine Michallet confie la garde de la fillette à son père, mais place la fillette dans une famille d’accueil de l’ASE.
Nina est entendue par les policiers : « De toute façon, j’ai toujours dit et je dis encore que si je vais en foyer je me tue », leur assure-t-elle.
« C’est un système très pervers »
Le jugement de la maman et de son mari pour « soustraction d’enfant » n’est intervenu que près de trois ans après leur interpellation. Le 9 décembre 2024, la mère et son nouveau mari sont condamnés respectivement à quatre et six mois de prison avec sursis, ainsi qu’au « versement d’une somme de neuf mille euros au représentant légal de Nina, en réparation du préjudice moral subi par Nina et lui-même ». Ils continuent aujourd’hui de régler ce montant, m’a assuré la maman.
« Les agents de l’ASE m’ont qualifiée de “procédurière à l’excès”, disent que “ça fait du mal à ma fille”, parce que j’ai le défaut de vouloir la récupérer, s’indigne la maman. Nina a continué de dénoncer les faits depuis notre séparation. Les services sociaux ont été horribles, et me reprochent d’avoir dénoncé le père ! Ils ont préconisé la levée du placement à l’ASE pour qu’elle aille vivre chez son père. »
« Je n’ai pas fait appel de ma condamnation pour ne pas indisposer la juge aux affaires familiales, Mathilde Jacob, m’a révélé la mère. Elle me l’aurait reproché, et elle a d’ailleurs souligné mon “effort” en ne le faisant pas. Elle m’a dit être satisfaite de voir que j’avais “changé”. Mais elle a jugé prématuré de me rendre mon autorité parentale ! C’est un système très pervers. Je n’ai jamais plié devant eux, pour autant ils sont parvenus à me soumettre, en mettant en avant le bien-être de ma fille… » Le 18 mars 2025, la juge des enfants Anaïs Petiaud, place Nina… chez son père, à partir de septembre suivant.
Un nouveau coup de tonnerre surgit en novembre 2025. Nina dénonce les viols commis pendant plus d’un an par le père de sa famille d’accueil choisie par l’ASE (Aide sociale à l’enfance). L’homme est mis en garde à vue, puis remis en liberté… Un nouveau flagrant délit de viol de Nina par le même homme en février 2026, au domicile du père, a permis sa mise en examen puis en détention provisoire.
Malgré ces nouveaux crimes contre la petite, la juge de Lyon Anaïs Petiaud a maintenu la garde chez le père, détenteur de multiples armes, « consommateur de drogues dures la nuit », selon Nina qui l’a constaté pendant ses insomnies provoquées par la crainte de nouveaux viols, et selon elle auteur de menaces de mort réitérées si elle s’enfuyait du domicile paternel.
Dans un nouveau précédent, la maman a accepté en juin 2026 de renoncer à l’intégralité de son autorité parentale, sur exigence du père devant la juge aux affaires familiales (JAF) Catherine Michallet, pour espérer obtenir des visites libres avec sa fille au compte-gouttes. Cette juge a entériné l’accord.
Le 5 juillet dernier, Nina m’avait déjà affirmé « savoir comment faire pour passer de vie à trépas » si elle retournait chez son père ou était placée en foyer, « avec la corde de sa douche »…
[1] L’audition « Mélanie » est une procédure judiciaire et un protocole spécifique mis en place en France pour recueillir la parole des mineurs victimes ou témoins de violences graves ou d’abus sexuels.
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