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Et si nous faisions une pause avec deux vieux amants taiseux?

Jean-Louis Kuffer

Par Jean-Louis Kuffer · Publié le 4 septembre 2020 · 5 min de lecture

Et si nous faisions une pause avec deux vieux amants taiseux?
© Matthias Rihs

A l’opposé du blockbuster «à voir absolument toutes affaires cessantes», le beau film du réalisateur indo-américain Ritesh Batra, intitulé «Nos âmes la nuit» et tiré du roman éponyme de Kent Haruf, évoque la vendange tardive d’une amitié amoureuse entre deux personnages attachants, Abbie et Louis, incarnées avec la même sensibilité vive par Jane Fonda et Robert Redford. Où comment rompre la solitude avec la complicité d’un petit garçon et d’un gentil chien. Guimauve conventionnelle? Tout le contraire et en finesse!

Tout en douceur, en lenteur et en délicatesse de sentiments, Nos âmes la nuit démarre de façon qu’on pourrait dire provocatrice tellement elle semble à la fois inconvenante et non convenue. Plus précisément, il s’agit de la proposition impromptue, non moins qu’intempestive, que la septuagénaire Addie, apparemment bon chic bon genre sous tous rapports (Jane Fonda) fait un jour à un voisin de quartier de coucher avec elle sans qu’il soit question de sexe, rien que pour se tenir chaud.

Or la chose paraît immédiatement ahurissante au prénommé Louis (Robert Redford), ancien prof  en veuvage qui ne connaît Addie que de loin à cela près que Gene, le fils de celle-ci, a été son élève. Mais cela va-t-il de soi de coucher, même chastement, avec une quasi inconnue certes fort belle? 

Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir hésité quelque peu, et sans autre explication, Louis accepte bel et bien de rejoindre Addie un soir, d’abord par  la porte de derrière de la jolie maison de celle-ci, crainte de faire jaser les voisins, se pointant avec ses affaires de nuit dans un sac en papier, plutôt gêné et ne trouvant à peu près rien à lui dire lors de leur première soirée suivie d’une nuit toute sage.

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