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Du politiquement correct à la culture de l’annulation

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 20 octobre 2020 · 3 min de lecture

Du politiquement correct à la culture de l’annulation
«La simple liberté de penser et de s’exprimer est devenue un délit punissable pour ces nouveaux Savonarole qui ne rêvent plus que de bûchers.» - © DR

Ça a commencé comme une vaguelette insignifiante. C’est devenu aujourd’hui un tsunami qui noie tout sur son passage. Ça a commencé comme une plaisanterie. C’est en train de tourner au drame. Au début, l’intention était noble et louable. Elle est aujourd’hui odieuse et détestable.

Le politiquement correct a commencé au début des années 1980 sur les campus américains, à la suite des revendications des Noirs américains et des combats de Martin Luther King. Il visait à protéger les minorités maltraitées des vocables qui les humiliaient et les rabaissaient. On sait que le langage peut tuer, et perpétuer des stéréotypes et des phénomènes d’exploitation en les masquant derrière un paravent de mots apparemment neutres. Les conservateurs ont donc inventé cette expression pour se moquer des marxistes qui tenaient alors le haut du pavé sur les campus.
Jusque-là rien à redire. A titre personnel, je suis favorable à ce qu’on décolonise le langage de ses oripeaux esclavagistes, comme on a d’ailleurs pu le faire en féminisant les noms de métiers et en inventant le langage épicène.

Mais comme toujours, les bonnes intentions, aussitôt qu’elles gagnent en importance et en influence, se muent à leur tour en une culture qui tend à devenir dominante et qui, si l’on n’y prend pas garde, se transformera bientôt en un pouvoir totalitaire radical dans son obsession d’effacer toute trace d’un passé par définition moins avancé que notre présent.

Car nous ne sommes plus dans cette époque encore bénie où l’on pouvait sourire de cette volonté d’oublier les infirmes et les invalides au profit des handicapés et des personnes à mobilité réduite, requalifier les nettoyeurs en techniciens de surface, les aveugles en malvoyants, les sourds en malentendants. Ou se battre pour savoir s’il faut dire auteure, écrivaine ou littératrice, ambassadrice ou Madame l’ambassadeur.

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