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De la honte à la gloire

Amèle Debey

Par Amèle Debey · Publié le 18 février 2019 · 7 min de lecture

De la honte à la gloire
Longtemps décriée, la cité de Matera est en train de devenir mondialement célèbre. - © Amèle Debey / Bon pour la tête 2019

Matera, troisième plus vieille ville du monde située dans le sud de l’Italie, a été désignée représentante de la culture européenne pour l’année 2019. Cinq ans après l’annonce de cette consécration, tombée en 2014, la ville n’est pas encore tout à fait prête à accueillir les quelques 700'000 visiteurs qu’elle attend. Mais le sacre européen représente une revanche sans précédent pour celle qui a longtemps incarné la misère du sud.

Lorsque l’on se balade dans les ruelles de Matera – chef-lieu de la province éponyme de Basilicate – on ne peut que comprendre pourquoi les projecteurs européens ont choisi de se tourner vers cette ville troglodyte aux célèbres Sassi cette année. Longtemps considérée comme «la honte de l’Italie» à cause des conditions d’extrême pauvreté de ses habitants, Matera a été désignée capitale européenne de la culture pour 2019 (au même titre que Plovdiv, en Bulgarie) et elle offre un décor somptueux aux divers événements culturels proposés tout au long de l’année. Elle a même accueilli plusieurs tournages hollywoodiens, comme celui du Roi David, en 1985, ou encore du film de Mel Gibson, La Passion du Christ, en 2003.

Après Jericho et Alep, Matera est la plus vieille ville du monde, puisqu’elle est habitée (presque) sans interruption depuis le néolithique. Aux alentours du VIIe siècle, des moines byzantins investirent les lieux et changèrent les grottes naturelles creusées dans la pierre en chapelles, formant ainsi les Sassi de Matera.
«La Basilicate (ancienne Lucanie) est l’une des régions montagneuses les plus sauvages d’Italie, constituée de blocks calcaires et de bassins argileux ravinés par l’érosion, explique Jean Théodoridès dans son livre Revue d’histoire de la pharmacie, qui traite des maladies séculaires. C’est aussi l’une des régions les plus pauvres, car l’agriculture (céréales, raisins, olives, agrumes) y est d’un rendement très faible à cause de l’aridité du sol.» De plus, les habitations de roche et de calcaire deviennent vite insalubres, et la situation se dégrade rapidement pour ses occupants, faisant de la ville un refuge de misère. 

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