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Daniel de Roulet interroge le passé

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 12 mars 2021 · 3 min de lecture

Daniel de Roulet interroge le passé
Septembre 1977. La question jurassienne semble en voie de règlement. Le conseiller fédéral Kurt Furgler arrive à ses fins, un nouveau canton catholique verra le jour. - © DR

«L’Oiselier», le bref roman de l’auteur genevois et jurassien, ne manque pas d’audace. Il se nourrit de faits historiques, de personnages réels, et dans une démarche littéraire, donc imaginaire, tente d’éclairer les énigmes qui leur sont liées. Son propos est néanmoins clair: montrer comment l’autorité sait enfouir les zones d’ombre.

Septembre 1977. La question jurassienne semble en voie de règlement. Le conseiller fédéral Kurt Furgler arrive à ses fins, un nouveau canton catholique verra le jour. Mais cela grogne encore dans les rangs séparatistes car la partie sud, protestante, pourra rester à l’écart. La jeune garde du mouvement, fort turbulente, les Béliers, est divisée: continuer le tapage symbolique ou imiter les Basques ou les Corses, tant admirés, qui manient les armes?

Voilà qu’un aspirant officier bernois, Rudolf Flükiger, parti en course d’orientation nocturne près de la caserne de Bure, est retrouvé mort sur territoire français, déchiqueté par une grenade. Suicidé, selon les enquêteurs. Conclusion assez invraisemblable, contredite par une foule d’indices matériels, par ses compagnons et sa famille. Peut-être le malheureux s’est-il trouvé sur le chemin des Béliers surchauffés qui crapahutaient dans le coin, ou enlevé par eux, décédé par étouffement comme on l’a supposé et transporté là pour faire croire au suicide? Ou alors tombé sur des terroristes bien plus aguerris, ceux de la Fraction armée rouge (RAF) allemande? Au même moment, ils avaient laissé le corps de Hans-Martin Schleyer, le patron des patrons allemands, dans le coffre d’une voiture, près de Mulhouse. Pas loin. Ses tueurs étaient familiers de la contrée, à cheval sur trois pays.

Autre énigme: quelque temps plus tard, un policier de Porrentruy, Rodolphe Heusler, qui avait enquêté sur Flükiger, est assassiné. Par un collègue, semble-t-il, mais celui-ci, après avoir avoué au terme d’une longue détention, n’a cessé ensuite de nier. Il se dit qu’il avait trouvé des informations dérangeantes. Mystère. Et ce n’est pas tout. L’aubergiste qui accueillait souvent les plus remuants des Béliers est lui aussi trouvé suicidé. En savait-il trop? A-t-on voulu le faire taire?

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