Covid-19: l’emprisonnement des aînés continue


Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires ont littéralement emprisonnés les plus vieux dans leur lieu de vie, que ce soit leur domicile, leur appartement protégé ou leur EMS. Ils ont été privé des visites de leurs amis, de leur famille. En ce mois de septembre, ça continue.
Docteur Jean-Charles Estoppey, médecin de famille et vigneron
Une fois la pandémie de Covid-19 passée, on jugera probablement sévèrement l’attitude des autorités sanitaires concernant les plus vieux de notre société, qui ont été et sont toujours littéralement emprisonnés dans leur lieu de vie, que ce soit leur domicile, leur appartement protégé ou leur EMS. Et ceci bien sûr pour les protéger: on les a privés des visites de leurs amis, même de leur famille, y compris parfois pour leurs derniers instants qu’ils ont dû vivre isolés affectivement, ne pouvant compter que sur l’extraordinaire sollicitude des soignants. En en ce mois de septembre 2020 cela continue, avec la prolongation ou la réactivation des mesures quasi-carcérales du printemps. Avec des conséquences au moins aussi douloureuses que la survenue du Covid-19, la tristesse, la dépression, le désespoir.
Tout cela pour préserver des vies, en sauver même selon les autorités sanitaires. Mais de quelles vies parle-t-on? Pour avoir accompagné au quotidien des personnes en EMS durant mes 36 ans de médecine de famille, j’ai entendu d’innombrables requêtes de patients: «Docteur aidez-moi à m’en aller, je n’en peux plus de cette vie qui n’en est plus une» et plus récemment «j’aimerais que le Covid-19 vienne pour que je puisse m’en aller».




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