A 7, 9… ou 5 au Conseil fédéral?

Par Antoine Thibaut · Publié le 10 décembre 2021 · 2 min de lecture

A 7, 9… ou 5 au Conseil fédéral?
Le Conseil fédéral en 2021. - © CH

Plusieurs parlementaires, à gauche et au centre, souhaiteraient que le Conseil fédéral s’élargisse à neuf membres. Anja Burri, de la «Neue Zürcher Zeitung» s’en amuse. Quelle est la crise, lance-t-elle, que nous n’aurions pas su assumer faute d’effectifs au gouvernement?

Elle explique que tous les partis sont très soucieux de savoir qui, et comment ils pourront envoyer l’un ou l’une des leurs au pouvoir. Avec neuf membres, le jeu serait plus souple, les chances plus grandes. Mais pour la façade ils préfèrent évoquer la meilleure représentativité des régions linguistiques. Merci, c’est trop aimable. «Même si l’idée semble moderne, elle est un modèle en voie de disparition dans les cantons: les trois cantons qui avaient des gouvernements à neuf personnes y ont tous renoncé à la fin du XXème siècle. Et dans la ville de Zurich, également gouvernée par neuf personnes, tous les partis, de l’extrême gauche à l’extrême droite, à l’exception du PS, sont désormais d’accord pour dire que l’administration tentaculaire doit être passée au crible et réformée de toute urgence. Trois départements sont par exemple impliqués dans l’approvisionnement énergétique de la ville. L’expérience zurichoise montre ainsi qu’il ne suffit pas d’augmenter le nombre de sièges pour renforcer un gouvernement.» 

Anja Burri va plus loin. Elle trouve qu’il faudrait au contraire ramener le chiffre sensible à cinq. «Cinq membres du gouvernement seraient suffisants pour la Suisse et la représentation des différentes régions du pays resterait possible. Un Conseil fédéral de cinq membres serait plus efficace, y compris pour la perception du public. Ses membres pourraient se concentrer sur la gouvernance, sur les grandes lignes, par exemple sur la manière dont la Suisse entend régler ses relations avec l’UE. Et il serait un antidote efficace à l’éclatement de notre système de partis.» Elle suggère qu’un jour, socialistes et verts pourraient unir leurs forces, radicaux et verts libéraux pourraient se rapprocher. Audacieuse, la NZZ.


Lire l’article original. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

L’affaire Abunimah ou la faillite de l’Etat de droit suisse

GéopolitiqueEnquête

L’affaire Abunimah ou la faillite de l’Etat de droit suisse

En 2025, Ali Abunimah, un journaliste palestino-américain, était arrêté à Zurich. Enfermé pendant trois jours, il a été expulsé, menotté. Depuis, la Confédération, désavouée par les tribunaux, a reconnu ses torts. Mais elle continue d'esquiver la question centrale: sur ordre de qui Abunimah a-t-il été arrêté? Quels conflits d'intérêts ou influences ont pesé sur cette décision? L’affaire interroge la capacité des institutions suisses à résister aux influences politiques extérieures.

Laurent Desaison

Exclusif. Un diplomate suisse soupçonné de trahison pour avoir parlé aux Russes

GéopolitiqueEnquête

Exclusif. Un diplomate suisse soupçonné de trahison pour avoir parlé aux Russes

Diplomate militaire à l'OSCE, le colonel suisse A.F.* avait pour mission de maintenir ouverts les canaux avec Moscou. Accusé par un homme proche des services ukrainiens d'avoir livré des secrets aux Russes, il a été rappelé de Berlin fin 2024. Entre-temps, la justice militaire enquête sur lui pour trahison. Ses anciens collègues dénoncent une opération de désinformation, relayée par la NZZ et jamais contrée par Berne. Chronique d'un thriller politique.

Rafael Lutz

Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable

ÉconomieArticle

Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable

En 2027, les primes d’assurance-maladie devraient encore augmenter. Les principales estimations tablent sur une hausse de 4 à 5 %. Le chiffre officiel tombera fin septembre. Chaque année ou presque, le même bal se répète. Nous avons plongé dans cent cinquante ans d’archives de presse helvétiques pour retracer l’histoire de l’assurance-maladie et des débats incessants sur son financement. Certaines questions posées aujourd’hui l’étaient déjà il y a plus d’un siècle.

Martin Bernard

L’Europe ne doit pas être le choix du moins pire pour la Suisse

GéopolitiqueCourrier des lecteursLibre

L’Europe ne doit pas être le choix du moins pire pour la Suisse

Selon notre lecteur Daniel Rousseau, une partie de l’élite politique suisse serait prête à sacrifier l’indépendance du pays au confort d’une tutelle européenne. Critique des nouveaux accords avec l’UE comme de la logique de vassalité, il défend une Suisse capable de négocier sans se choisir un maître. Une stratégie qui, selon lui, a permis à la Confédération de prospérer malgré sa petite taille.

Bon pour la tête