Tariq Ramadan et la chanteuse Mennel: «victimes» concomitantes


Tariq Ramadan incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis; la chanteuse Mennel Ibtissem qui «quitte l’aventure» The Voice: deux affaires distinctes, de dimensions inégales.
S’emparant d’un sentiment d’injustice présent parmi les musulmans, des militants de l’islam politique, voyant là des occasions d’agir, se disent «en colère», insistent dans la critique de l’islamophobie et du racisme, censés être à l’œuvre dans les déconvenues frappant le prédicateur et la désormais ex-candidate du radio crochet de TF1, auteur de tweets complotistes à la suite de deux attentats majeurs survenus en France en 2016. Notons que des musulmans ne sont pas seuls à juger inique le traitement réservé, d’une part, au théologien suisse, professeur d’islamologie mis en congé à Oxford, d’autre part, à la très belle jeune femme «au turban». Ils y voient une forme d’acharnement, un deux poids, deux mesures, dont les musulmans, justement, en France, seraient les victimes.
Dans le cas de Tariq Ramadan, des appels, ici à la «résistance», ailleurs à la «mobilisation», voient le jour sur les réseaux sociaux. L’enfermement carcéral préventif du Genevois, bien que présumé innocent des viols dont deux femmes l’accusent, ajoute à la détermination de ses partisans, qui font valoir la liberté de mouvement dont jouissent d’autres personnalités mises en cause dans des faits touchant aux mœurs – la justice craint les pressions qui pourraient être exercées sur les accusatrices et les témoins potentiels.
Une machine à fédérer les soutiens
Le Lyonnais Yamin Makri, cofondateur de l’Union des jeunes musulmans en 1987 et des éditions Tawhid en 1990, qui écouleront par milliers ouvrages et cassettes de Tariq Ramadan et de son frère Hani, a, le 20 janvier à Paris, avec d’autres, lancé «Résistance & Alternative», un «mouvement transnational» qui revendique «150 délégués» issus de «35 pays différents». «Notre mouvement rejette toutes les idéologies qui asservissent et déshumanisent l’homme. Il condamne toutes formes d’injustices et de compromissions, y compris celles commises par des musulmans», lit-on sur la page Facebook dédiée. Mais cette instance se veut aussi et peut-être surtout, comprend-on, une machine à fédérer les soutiens au mis en examen. L’un d’eux, de Malaisie, «associé proche de Tariq Ramadan», déplore que celui-ci ait été «déjà déclaré coupable de crime devant une cour de justice» – ce qui n’est pas le cas.




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